Alors que les essais hivernaux 2025 battent leur plein à Sepang, Johann Zarco vit un début compliqué avec la Honda RC213V du team LCR. Comparé à ses homologues Joan Mir et Luca Marini, le pilote français peine à trouver ses marques sur une moto en pleine métamorphose technique.
Zarco en retrait : un constat sans appel après deux jours
Présent en Malaisie pour les essais collectifs aux côtés des pilotes officiels HRC, Johann Zarco ne cache pas ses difficultés. Le pilote Cannois, qui entame sa première saison complète avec le team satellite LCR Honda, n’a pas encore trouvé les sensations nécessaires pour hausser le rythme.
Alors que Joan Mir et Luca Marini évoquent une nette amélioration du package technique Honda – notamment en matière de motricité et de grip –, Zarco, lui, reste encore dans une phase exploratoire. « Je n’ai pas vraiment trouvé le bon équilibre qui me convienne sur la moto », a-t-il confié aux médias à l’issue de la deuxième journée d’essais, comme le rapporte Auto-Moto.
Ses difficultés au freinage en particulier nuisent à sa confiance, pourtant cruciale en phases de rentrée de virage. Malgré tout, la journée s’est finie sur une note plus positive : « J’ai poussé un ouf de soulagement : on est enfin revenus à quelque chose de normal ! », a-t-il admis, traduisant une première lueur d’espoir pour la suite.
Une Honda en progrès… mais encore difficile à cerner
Ce contraste apparent entre Zarco et ses coéquipiers s’explique en partie par les changements radicaux entrepris par Honda. Après une saison 2024 catastrophique sur le plan des résultats, la firme nippone a profondément révisé son approche technique : nouvelle aérodynamique, géométrie revue, redistributions internes au sein du HRC… autant d’évolutions auxquelles il faut s’adapter.
Joan Mir, champion du monde 2020, semble profiter pleinement de ces avancées, tout comme Luca Marini, transfuge de chez VR46, qui montre déjà une belle capacité d’adaptation. Zarco, quant à lui, doit composer avec une machine qu’il découvre et une philosophie de pilotage très différente de celle de la Ducati, sur laquelle il roulait encore l’an passé.
« On a commencé à mettre le doigt sur une chose […] mais on a tellement de choses à faire que parfois, on peut se trouver juste à côté des bonnes solutions », a souligné le Français. Cette déclaration met en lumière la complexité d’optimiser un prototype MotoGP quand la zone d’exploitation optimale est aussi étroite techniquement.
Quels enjeux pour Zarco et Honda en 2025 ?
La situation de Zarco est un révélateur des défis structurels auxquels fait face Honda. Bien que les signaux soient encourageants sur le plan technique, la bataille d’adaptation reste entière. Pour le pilote tricolore, la priorité est désormais de consolider ses sensations et bâtir un socle de confiance indispensable pour performer dès les premiers Grands Prix.
Du côté du HRC, le cas Zarco illustre également l’importance du feedback entre moto et pilote : sans ressenti clair, il est difficile de progresser efficacement, même avec une moto a priori compétitive. Cela soulève une question stratégique : Honda saura-t-elle adapter plus rapidement ses réglages aux spécificités des pilotes de son team satellite ?
Avec un calendrier 2025 toujours plus dense et un niveau de concurrence qui ne faiblit pas (KTM et Ducati en tête), les prochaines semaines seront cruciales. Zarco, avec son expérience et sa finesse d’analyse, peut encore renverser la tendance. Toute la question est de savoir dans quel délai.
Conclusion : En difficulté mais lucide, Johann Zarco aborde cette pré-saison sous le signe de la construction. Son adaptation à la Honda sera l’un des points d’observation majeurs de ce début de saison MotoGP 2025, révélateur de la capacité de Honda à redevenir un acteur majeur du championnat… et du potentiel du Français à figurer parmi les meilleurs malgré une moto capricieuse.