Lors de la première salve d’essais MotoGP 2025 à Sepang, Francesco Bagnaia n’a peut-être pas signé le meilleur chrono, mais il a envoyé un signal fort à la concurrence. Sous la pluie malaisienne, le double champion du monde a préféré capitaliser sur ses sensations et les validations techniques avec la nouvelle Ducati GP26. Résultat : un 8e temps certes discret sur le papier, mais qui cache une prestation stratégique et prometteuse.
Des conditions météo trompeuses, une performance rassurante
Coincé à la 8e place du classement avec un chrono de 1’57 »302, Francesco Bagnaia aurait pu apparaître frustré. Pas du tout. Ce temps, il l’a signé en configuration course, alors que la pluie a éclipsé toute tentative de contre-la-montre l’après-midi. Mais là n’était pas l’enjeu. Armé de la nouvelle Ducati GP26, le pilote piémontais voulait avant tout valider son feeling avec une machine en pleine évolution. Et le pari est pleinement réussi.
Malgré quelques ajustements techniques dans la matinée, Bagnaia a pu confirmer que les évolutions apportées par Borgo Panigale vont dans le bon sens. « Nous sommes plutôt confiants quant aux éléments que nous testons », a-t-il déclaré à la presse (source : conférence de presse Ducati, Sepang 2025).
Le champion italien n’a jamais été fan des coups d’éclat de pré-saison. Pour lui, la constance prime, et les essais sont d’abord l’occasion d’optimiser la mise au point de sa moto. Avec un moteur légèrement revisité, une aérodynamique retravaillée et une électronique peaufinée pour améliorer la remise des gaz en sortie de virage, la GP26 se montre stable, prévisible et affûtée sur les longs relais.
Une stratégie assumée et une gestion des pneus intelligente
La pluie a certes freiné les velléités de chrono, mais elle a aussi offert une opportunité tactique à Bagnaia. En économisant un train de pneus tendres qu’il devait initialement utiliser pour un contre-la-montre dans l’après-midi, le pilote Ducati s’offre une double cartouche pour la dernière journée d’essais. « Ces tours-là sont les plus plaisants », glisse-t-il, sourire en coin.
Sa stratégie est limpide : maximiser l’apprentissage le premier jour, puis frapper fort au moment opportun. C’est lors de la dernière séance que le double champion compte dérouler son plan. L’objectif n’est pas de briller à chaque session, mais de préparer Buriram, prochaine grosse échéance des tests hivernaux 2025, où la hiérarchie se dessinera plus précisément.
Ici encore, prudence est mère de sûreté. Car Sepang, avec ses particularités climatiques et son asphalte abrasif, n’offre pas une photographie fidèle du plateau MotoGP. Ce que Bagnaia veut démontrer, ce n’est pas seulement la vitesse pure de sa Ducati, mais sa capacité à répéter ce rythme sur plusieurs relais, même par fortes chaleurs. C’est là que se gagneront les courses cette saison.
La Ducati GP26 : une bête de course sous contrôle
Ducati aborde 2025 armée d’une GP26 qui, sur le papier, a peu changé… mais dans le détail, tout a été retravaillé. Système de ride height control optimisé, évolution du package aérodynamique sur la fourche, moteur plus souple mais aussi plus coupleux : l’usine italienne a affûté chaque aspect.
Bagnaia étant le pilote de référence de l’écurie, ses retours sont cruciaux. Et ces tests à Sepang confirment que la Desmosedici version 2025 garde une marge de progression malgré sa domination des années précédentes. « C’est une base excellente, mais nous avons encore une marge sur le grip à l’arrière et l’agilité dans les changements de direction rapides », a précisé récemment Davide Tardozzi, team manager chez Ducati (source : GPOne.com, février 2025).
Conclusion ? Si le classement brut ne reflète pas son potentiel, Francesco Bagnaia repart de Sepang l’esprit serein. La performance est là, masquée volontairement, en attendant l’instant stratégique pour frapper fort. Avec une machine affûtée et une ligne de conduite claire, il apparaît plus que jamais comme le pilote à battre en 2025.