Depuis son arrivée chez LCR Honda en 2024, Johann Zarco enchaîne les chutes à un rythme alarmant. En ce début de saison 2025, le pilote tricolore atteint déjà la barre des 26 chutes, un record malheureux qui soulève de nombreuses questions sur sa collaboration avec le constructeur japonais. Mais est-ce réellement Zarco qui est à blâmer ? Pas selon Louis Rossi, ancien pilote MotoGP et désormais consultant pour Canal+, qui livre une analyse lucide et sans détours.
Une moto qui « trahit » son pilote
Dans un entretien accordé au média Ouest-France, Louis Rossi revient sur la situation complexe de Johann Zarco chez Honda en 2025. Le consultant s’exprime clairement : les nombreuses chutes du Français ne sont pas tant liées à des erreurs de pilotage qu’aux limites mécaniques de la RC213V.
« Ça l’agace parce que ça donne du travail aux mécaniciens. Il voit bien que le problème de la chute, ce n’est pas qu’il pilote mal, mais dès qu’il essaye de faire un peu plus… il est trahi par sa moto », analyse Rossi. Le mot est fort : trahi. Mais il résume bien ce que ressent le Cannois, qui pousse sa machine à la limite, pour tenter de rester compétitif dans un peloton sans pitié.
Honda est en pleine restructuration technique depuis plusieurs saisons. Après le départ de Marc Márquez, la marque peine à redevenir compétitive, malgré les évolutions apportées à la RC213V. Zarco, tout comme ses coéquipiers, fait les frais d’un châssis instable et d’un manque d’adhérence à la remise des gaz, particulièrement perceptibles sur les circuits à fort grip.
Une spirale négative mais un pilote toujours combatif
Le problème va au-delà des simples statistiques. Comme le souligne Louis Rossi, « le vrai danger des chutes, au-delà des blessures, c’est la perte de confiance ». Et cela semble être exactement ce que traverse Johann Zarco. Des sorties de piste récurrentes, des tentatives de dépassements avortées, une machine difficile à comprendre… autant d’éléments qui sapent progressivement le mental du pilote.
Cependant, pour Rossi, l’attitude est révélatrice de l’état d’esprit du Français : « Il reste combatif, il cherche toutes les solutions possibles pour retrouver plus de régularité ». En d’autres termes, malgré la frustration et les doutes, Johann Zarco ne baisse pas les bras. Et ça, dans un paddock aussi exigeant que celui du MotoGP, c’est loin d’être anodin.
Zarco montre une véritable volonté de s’adapter, de comprendre, de collaborer avec les ingénieurs pour tenter d’améliorer la RC213V. Il n’est pas question pour lui de jouer les figurants, car il sait pertinemment que Honda est en quête de renaissance, et que son rôle sera décisif dans cette dynamique nouvelle.
Une situation récurrente chez Honda
Le constat ne s’applique pas qu’à Johann Zarco. Honda connaît actuellement une phase très compliquée dans toutes ses équipes. Luca Marini, par exemple, connaît des difficultés similaires chez Repsol Honda, et ses résultats ne sont guère plus florissants. Cela confirme que le problème n’est pas isolé, mais systémique.
Avec des investissements massifs attendus côté technique dès le second semestre 2025 — notamment autour du nouveau chef de projet technique venu de chez HRC — la marque espère relancer une dynamique positive. Reste à savoir si Zarco, malgré son contrat et sa volonté, tiendra le cap sans se démobiliser, alors que l’ombre de jeunes talents plane déjà sur le mercato 2026.
Dans tous les cas, Honda va devoir faire rapidement ses preuves. Car en MotoGP, la patience a ses limites. Et Johann Zarco, lui, a déjà largement fait preuve de résilience.