La saison 2025 de MotoGP n’épargne pas Brad Binder. Le pilote sud-africain, figure centrale du projet KTM depuis plusieurs années, connaît l’une de ses campagnes les plus difficiles en catégorie reine. À quatre manches de la fin du championnat, le bilan est sans appel : 11e au classement général avec 118 petits points et aucun podium à se mettre sous la dent. Une situation qui contraste fortement avec les ambitions du constructeur autrichien et les performances enthousiasmantes de son coéquipier Pedro Acosta.
Une saison à oublier pour Brad Binder
Brad Binder, cinquième du championnat en 2024 avec 217 points, abordait cette nouvelle saison avec l’espoir de jouer les premiers rôles. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Alors que KTM place beaucoup d’espoir dans sa RC16, les résultats ne suivent pas. Pire encore, Binder semble avoir été éclipsé par la fougue et la fraîcheur de Pedro Acosta, rookie très attendu qui a déjà signé trois podiums en 2025 (chiffres confirmés par le classement officiel de la FIM à la date de publication).
Frustré, Binder n’a pas fait mystère de son mal-être. “Ces derniers temps, ça n’a pas été amusant de courir derrière, et il est évident que ça n’est pas là que je voudrais être, mais c’est comme ça. La réalité, c’est que c’est la vitesse que l’on a en ce moment et le rythme que l’on a”, a-t-il confié auprès de Motorsport.com. Ces propos traduisent une forme de résignation, mais aussi la lucidité d’un pilote qui sait que les problèmes sont majoritairement liés à la machine.
Une RC16 à la peine : le talon d’Achille de KTM
La KTM RC16 souffre actuellement de faiblesses techniques récurrentes. D’après les ingénieurs de l’équipe, la moto présente un manque d’adhérence sur l’avant, affectant la stabilité au freinage, ainsi que des vibrations persistantes à l’arrière, qui nuisent au rythme en course. Résultat : Binder perd régulièrement du terrain sur ses adversaires directs, en particulier dans les phases de remise des gaz.
Pour tenter de redresser la barre, KTM a mis en place plusieurs évolutions du châssis au cours de la saison. Les données collectées lors des dernières courses, notamment au Grand Prix d’Indonésie, ont permis d’observer une légère amélioration. Sur le circuit de Mandalika, Binder a effectué une remontée impressionnante de la 15e à la 4e place, flirtant avec le podium pour la première fois depuis plusieurs mois. Un signe encourageant, mais qui reste insuffisant pour une structure aux ambitions clairement affichées : rivaliser avec Ducati et Aprilia en haut du classement.
Quel avenir pour Binder chez KTM ?
À 29 ans, Brad Binder reste un pilote solide, connu pour sa capacité à extraire le maximum d’une moto imparfaite. Mais ces performances en dents de scie mettent indirectement la pression sur son avenir chez KTM. Avec l’éclosion d’un Pedro Acosta de plus en plus impressionnant et la présence d’un Jack Miller en embuscade, Binder doit impérativement redresser la barre sur les derniers Grands Prix pour conserver son statut de leader technique et sportif dans l’équipe autrichienne.
Pour KTM, l’enjeu est double : retrouver de la compétitivité en course et redonner confiance à son pilote historique. L’hiver technique, qui s’annonce ultra-stratégique, sera l’occasion de valider de nouvelles directions sur la RC16. Désormais, tout l’enjeu pour Binder est non seulement de finir la saison sur une note positive, mais aussi d’influer sur les choix de développement pour 2026.
Conclusion : des enseignements à tirer pour KTM
La situation actuelle de Brad Binder illustre les difficultés de KTM à transformer son potentiel en résultats constants. Malgré des moyens techniques en hausse et un effectif talentueux, l’écurie autrichienne bute encore sur des problèmes structurels. Reste à savoir si les derniers Grands Prix de 2025 permettront à Binder de sauver l’honneur… ou marqueront la fin d’un cycle. Une chose est sûre : la silhouette de la RC16 n’a pas fini d’être scrutée dans les paddocks.