Le MotoGP ne pardonne rien. Deux Grands Prix après avoir mené le championnat, Francesco Bagnaia, double champion du monde en titre, a vécu un week-end cauchemardesque à Phillip Island. Avec une 21e place au Sprint à plus de 32 secondes de son compatriote et vainqueur Marco Bezzecchi, le pilote Ducati officiel a plongé dans une spirale d’incompréhension et de doute. Analyse d’une descente aux enfers qui inquiète tout Borgo Panigale.
Un Bug Technique ou Psychologique ? La Ducati Desmosedici méconnaissable
Bagnaia a été transparent samedi. Littéralement. Le champion 2022 et 2023 est apparu impuissant, ballotté par une Desmosedici rétive, incapable de rivaliser avec ses adversaires. À l’issue du Sprint, son visage fermé et son silence dans le box officiel en disaient long sur la tempête intérieure qui secoue l’équipe. En zone presse, il a évoqué un grave manque de stabilité au freinage : « Ce n’est ni les réglages ni l’électronique. La moto bouge énormément, je ne peux même pas freiner correctement. » (source : Interview post-course MotoGP.com)
Malgré une attention extrême portée au développement de la moto autour de ses préférences depuis le début de la saison, les Ducati officielles ont curieusement reculé dans la hiérarchie technique. Aucune machine rouge parmi les trois premiers sur la ligne de départ ou à l’arrivée du Sprint — une première depuis le Grand Prix d’Aragón 2021. Phillip Island sonne comme un signal d’alarme : le développement de la GP25 pourrait-il être dans une impasse ?
Une hiérarchie Ducati en pleine mutation
Alors que Bagnaia s’effondre, ses adversaires — y compris dans l’écurie Ducati satellite — brillent. Marco Bezzecchi s’impose avec autorité, Jorge Martin engrange des points précieux, et même des rookies comme Fabio Di Giannantonio montrent plus de constance. Le renversement est brutal, d’autant plus qu’il intervient à un moment stratégique de la saison, où les points valent de l’or dans la lutte au titre.
Ce déséquilibre interne remet en question la gestion sportive de Ducati. Prioriser un pilote au détriment des autres peut s’avérer risqué, surtout si l’élu traverse une phase difficile. Dans ce contexte, les propos de Bagnaia sur l’absence de Marc Márquez prennent une tournure révélatrice : « Si Marc avait couru, il aurait été sur le podium. » (via GPOne), lâche-t-il amèrement. Une déclaration qui pourrait signaler un malaise plus profond, voire une perte de confiance dans son propre package.
Quelles conséquences pour la suite de la saison MotoGP 2025 ?
Ce week-end noir à Phillip Island pourrait avoir un lourd impact sur la suite de la saison. Premièrement, sur le plan mental. Bagnaia semble douter, et dans un peloton aussi serré, le mental est capital. Deuxièmement, sur le plan technique, Ducati devra impérativement revoir sa copie. Si ses machines satellites battent régulièrement les modèles d’usine, c’est que quelque chose cloche dans les réglages ou le développement central de la GP25.
Avec encore plusieurs courses à disputer, rien n’est joué. Mais Ducati va devoir réagir vite pour éviter une dégringolade historique. Et si Francesco Bagnaia veut conserver sa couronne, il devra relever un double défi : comprendre ce qui ne va pas avec sa moto — et redevenir le pilote irrésistible qu’il a été.
En somme, ce Grand Prix d’Australie 2025 pourrait bien rester dans les annales, non pas pour un exploit sportif, mais comme le début d’un basculement stratégique pour Ducati et son pilote phare.