Alors que la saison 2025 de MotoGP bat son plein, Fabio Quartararo a surpris à Phillip Island en signant une première journée solide sur un tracé qui ne lui a historiquement jamais vraiment réussi. S’agit-il d’un simple éclair dans la grisaille de sa saison, ou bien du début d’un vrai redressement pour le pilote Yamaha ?
Un vendredi prometteur après des mois de frustrations
Sur le mythique circuit de Phillip Island, connu pour ses courbes rapides et son exigence technique, Fabio Quartararo a montré un visage plutôt convaincant. Directement qualifié pour la Q2 dès le vendredi, le Niçois a bouclé plusieurs tours en 1’27, affichant un rythme solide et constant. C’est une performance notable quand on connaît les difficultés de la Yamaha M1 en 2025, notamment face aux Ducati, KTM et Aprilia qui dominent généralement sur ce type de tracé rapide et fluide.
“Le rythme était bon, je suis plutôt satisfait”, déclarait Quartararo au micro de Canal+ à l’issue des EL2. Une déclaration prudente, qui reflète une approche plus mature face aux montagnes russes qu’a été sa saison jusqu’ici. Sa M1, bien que toujours imparfaite, semble mieux adaptée à la fluidité de Phillip Island que sur d’autres tracés plus « stop and go » où l’agilité de la moto ne suffit plus à compenser son déficit moteur.
Des progrès, mais encore trop d’inconstances
Malgré ce regain de forme, Fabio ne s’enflamme pas. La Yamaha reste une machine capricieuse, notamment en termes d’équilibre général et de comportement avec les différents pneus. Le Français pointait un manque de progrès entre les deux séances libres : “Entre ce matin et cet après-midi, on n’a pas progressé”, avouait-il en zone mixte.
Le pneu tendre semble donner de meilleures sensations à l’avant, là où le pneu dur n’inspire pas confiance. Cette variabilité de comportement rend encore difficile la construction d’un week-end solide de bout en bout. Et si Quartararo parvient à extraire le potentiel de sa machine sur un tour lancé, le maintien du rythme en conditions de course reste un défi, notamment sur la distance Sprint et l’épreuve principale du dimanche.
Une lueur d’espoir dans une saison sous tension
Personne ne peut ignorer que la saison 2025 de Fabio Quartararo est loin de ses standards habituels. Depuis son titre de champion du monde en 2021, puis une saison 2022 accrochée jusqu’au dernier round, les années suivantes ont confirmé le lent recul de Yamaha dans la hiérarchie du MotoGP. L’absence de véritable innovation moteur et l’avantage désormais net des constructeurs européens ont poussé le Français dans ses retranchements.
C’est donc tout logiquement que cette première journée encourageante à Phillip Island est perçue comme une bouffée d’air pour « El Diablo ». Elle est aussi un petit tacle à ses détracteurs, qui pointaient un pilote démotivé et résigné. Sans tomber dans l’euphorie, Quartararo rappelle qu’avec un package un tant soit peu cohérent, il reste une menace sérieuse sur le plan technique comme stratégique.
Le défi, désormais, consistera à transformer cet élan positif en résultats tangibles sur la grille. L’enjeu est d’autant plus important que Yamaha est actuellement engagé dans un grand plan de refonte technique pour 2026. Le maintien de Fabio comme pilier du projet dépendra en partie de ses performances sur la fin de saison.
Un déclic ou une parenthèse ?
Il faudra attendre la course sprint et surtout le Grand Prix de dimanche pour savoir si cette journée australienne sera une parenthèse ou un réel déclic. Si Quartararo parvient à se maintenir en première moitié de grille et à résister au retour des Ducati et KTM en rythme de course, cette performance pourrait signaler le début d’une remontée plus générale.
En attendant, les feux sont à l’orange. Encouragement, oui, mais prudence également. Une hirondelle ne fait pas le printemps… surtout en MotoGP.