Joan Mir et Honda à Sepang : des progrès réels, mais Ducati reste intouchable

Photo of author

par Maxime Leclerc

Le coup d’envoi officieux de la saison MotoGP 2025 a été donné à Sepang, théâtre des premiers essais hivernaux marqués par une dynamique de progrès du côté de Honda. Et c’est Joan Mir, champion du monde 2020, qui a été le principal porte-voix de ces progrès. Mais qu’on ne s’y trompe pas : si la RC213V a évolué, la réalité du chronomètre rappelle que Ducati reste l’étoile polaire du paddock.

Une Honda en net progrès, mais encore loin du compte

Joan Mir a quitté le circuit malaisien avec des signaux positifs. Auteur d’un chrono en 1’56″ qui hisse Honda au 5ᵉ rang du classement combiné des essais, le pilote espagnol a tenu à souligner les vraies avancées opérées par le HRC. « Nous avons progressé par rapport à l’an dernier, la moto est légèrement meilleure dans tous les domaines », a-t-il déclaré, selon Crash MotoGP.

Pas de révolution technique donc, mais une évolution constante : meilleure stabilité sur l’angle, feedback plus lisible à l’accélération et frein moteur plus précis. Honda semble enfin avoir enclenché un cycle vertueux depuis deux saisons de stagnation quasi totale. Dans un contexte où l’équipe japonaise cherche à sortir de l’ombre des performances en demi-teinte, ce regain est significatif.

Mais cette progression ne doit pas masquer certaines carences. Sur les simulations de Sprint Race, format désormais central du programme MotoGP depuis 2023, Joan Mir reste à 9 secondes d’Alex Marquez sur dix tours. Un écart abyssal à ce niveau, illustrant les limites actuelles de la base technique de la RC213V face à une Ducati GP25 toujours plus affûtée.

Ducati : la référence, objectif encore lointain

Alex Marquez, pilote Gresini et frère cadet de Marc, a littéralement survolé les simulations de course courte. À Sepang, il a imprimé un rythme infernal, repoussant la concurrence à plusieurs secondes. Pour Joan Mir, la démonstration d’Alex est presque « un contre-la-montre », tant la cadence est difficile à soutenir sans dégrader les pneus.

Le constat est limpide : Ducati, avec son armada technique (aérodynamique active, moteur explosif, électronique affinée), reste la machine à battre. Honda continue de souffrir d’un déficit de grip à mi-course, susceptible d’affecter la rotation de la moto en phase d’accélération. Or, comme le souligne Mir, « avec plus d’adhérence, nous pourrions mieux contrôler la rotation et réduire la perte de grip. » Un point critique, car il conditionne la capacité à attaquer sans compromettre la longévité des pneus.

En 2025, alors que les nouvelles limites aérodynamiques et le contrôle plus strict des configurations moteur redistribuent timidement les cartes, Honda semble sur la bonne voie. Mais la route est encore longue pour revenir au niveau de Ducati ou même d’Aprilia et KTM, désormais bien installés dans le haut du tableau.

Objectif 2025 : consolider les bases avant de rêver plus haut

Joan Mir ne se montre ni euphoriquement confiant, ni fataliste. Son objectif reste clair : progresser à chaque séance. Un top 5 — et pourquoi pas un top 4 « dans un bon jour » — est envisageable si la RC213V continue à s’affiner. Honda, désormais sous pression après le départ de Marc Marquez vers Gresini en 2023, travaille dans l’ombre pour reconstruire un projet fiable et constant.

La structure japonaise mise sur la continuité, l’écoute de ses pilotes et une offensive discrète mais méthodique. Avec Joan Mir comme moteur de cette relance, les signaux sont encourageants. Mais dans un MotoGP dominé par les machines italiennes et l’efficacité méthodique de Ducati, chaque dixième de seconde reste un Everest à gravir.

Les prochains essais à Losail ou encore Jerez permettront d’affiner cette montée en puissance. En attendant, Sepang a placé Honda sur la carte. Mais pour rêver de podiums réguliers, il faudra transformer cette progression linéaire en un bond décisif.

Laisser un commentaire