Pedro Acosta sort des essais de Sepang avec un sentiment partagé : si la progression de la KTM est tangible, l’écart avec les Ducati reste préoccupant. Focus sur une première véritable prise de contact avec le gratin du MotoGP.
Une entrée en matière stratégique plus que spectaculaire
Huitième au classement combiné des essais MotoGP de Sepang 2025 grâce à un meilleur tour en 1’57’’116, Pedro Acosta n’a jamais affiché l’objectif de briller sur la feuille des temps. Si ce chrono semble éloigné des marques établies par les Ducati de Bagnaia et des frères Marquez, l’Espagnol de 20 ans s’est focalisé sur un travail de fond nécessaire à son intégration chez KTM.
« Le chrono n’était pas vraiment mon objectif« , confie-t-il avec lucidité, privilégiant les tests de châssis et comparaisons entre les anciennes et nouvelles versions de la RC16. L’espagnol, champion du monde Moto2 2023, adopte une approche cérébrale : comprendre la machine, valider les évolutions techniques, et tirer des conclusions sur la base technique à adopter avant les prochains tests en Thaïlande (Buriram).
Une simulation de sprint révélatrice du vrai potentiel
Si le contre-la-montre était relégué au second plan, la simulation de sprint réalisée durant la dernière journée d’essais dévoile un tout autre visage du pilote ibérique. D’un rythme solide sur l’ensemble des tours lancés, Acosta s’est inscrit comme le deuxième pilote le plus rapide, derrière un trio de Ducati officielles composé d’Alex Marquez, Francesco Bagnaia et Marc Marquez.
Ce rythme de course soutenu offre une lecture bien plus encourageante de son niveau. Par rapport au Grand Prix de Malaisie 2024, où il avait terminé à plus de cinq secondes du vainqueur, les progrès sont nets. C’est d’ailleurs dans ces conditions qu’Acosta a pu observer en piste Marc Marquez, à qui il pourrait succéder chez Ducati à moyen terme, renforçant les spéculations autour d’un futur transfert en 2027.
Lucide, Acosta évalue sa satisfaction à « six sur dix« : un bilan modeste mais constructif qui témoigne à la fois de son exigence et de sa vision à long terme.
KTM progresse, mais reste derrière Ducati
Le principal enseignement de ces essais reste cependant l’inébranlable domination de Ducati. Avec des motos stables, puissantes et désormais bien maîtrisées par des pilotes de tous horizons, la Desmosedici demeure la référence du plateau MotoGP. KTM, malgré ses progrès techniques et un gros travail sur le châssis, accuse toujours un léger retard en vitesse pure et en gestion des phases de transition (freinage-reprise), domaines dans lesquels Ducati excelle.
En dépit de tout, Pedro Acosta reste confiant : « Mon objectif est maintenant d’arriver en Thaïlande avec une base claire et le meilleur ensemble possible », déclarait-il à la presse malaisienne à l’issue des essais (source : conférence officielle MotoGP, Dorna Sports).
Une promesse à moyen terme pour KTM
La performance du jeune prodige espagnol à Sepang ne doit pas être interprétée uniquement à travers le prisme du classement brut. Elle révèle quelque chose de plus profond : une capacité à gérer les étapes de développement patiemment, avec une compréhension fine des priorités techniques et humaines de son équipe.
Acosta s’érige ainsi comme un élément central du projet KTM pour les années à venir. Ce n’est plus seulement un talent brut en devenir : c’est désormais un pilote impliqué dans l’élaboration du futur de la RC16.
Prochain objectif : le circuit de Buriram en Thaïlande, où les cartes seront peut-être redistribuées, KTM revenant avec les enseignements de Sepang intégrés à sa base technique. Les regards seront tournés vers Acosta, dont la précision d’analyse et la maturité promettent de belles choses pour la suite de cette saison MotoGP 2025.