Depuis son sacre mondial en 2021, Fabio Quartararo est devenu l’ambassadeur incontesté de Yamaha en MotoGP. Mais à l’aube de la saison 2025, les signaux sont au rouge : malgré tout le talent du Niçois, la M1 ne parvient plus à suivre la cadence des Ducati, Aprilia ou encore KTM. Et désormais, l’hypothèse d’un départ de Quartararo à moyen terme devient crédible, à en croire les récentes déclarations de Louis Rossi, ancien pilote et aujourd’hui consultant MotoGP pour Canal+.
Quartararo-Yamaha : une relation sous pression
Depuis l’arrivée tonitruante de Quartararo en catégorie reine en 2019, le Français a été fidèle à Yamaha, y décrochant notamment son premier titre mondial en 2021. Mais depuis, la magie semble s’émousser. Entre manque de développement moteur, déficit d’adhérence en sortie de virage et électronique en retard, la M1 accuse le coup, surtout face aux V4 ultra-affûtés de la concurrence.
L’hiver 2024-2025 a été crucial : Quartararo a prolongé jusqu’à fin 2026, mais à des conditions sportives bien spécifiques. Il réclame des garanties de performance, notamment sur les évolutions moteur, un domaine dans lequel Yamaha souffre d’un vrai retard — malgré la relance de son programme de développement avec l’arrivée de nouveaux ingénieurs issus de la F1.
Le pilote français ne cache plus son impatience. Dans une récente interview relayée par Canal+ et Ouest-France, Louis Rossi résume bien les enjeux : « Avant, j’ai toujours dit oui : il a eu raison de rester. Aujourd’hui, peut-être que ça mérite réflexion si la moto n’est pas au niveau. »
Louis Rossi fait ici écho à un sentiment partagé dans le paddock : sans véritable avancée technique, Quartararo pourrait bien envisager un départ à la fin de son contrat, en 2026, pour retrouver une machine compétitive dès 2027.
2025, l’année de la dernière chance pour Yamaha ?
Sur le papier, Yamaha bénéficie en théorie d’un statut constructeur optimisé en 2025 grâce aux règles d’équité technique instaurées par la FIM et Dorna. De nouvelles concessions leur permettront plus d’essais privés, un développement moteur accru en saison et des wild cards. Mais ces avantages suffiront-ils à combler l’écart technologique avec Ducati, Aprilia et même Honda, en pleine renaissance avec son projet 2025 ?
Si Quartararo ne retrouve pas régulièrement le podium en 2025, la pression montera. À bientôt 26 ans, le Français est dans ses meilleures années, et tout retard accumulé pourrait être décisif. KTM et même Aprilia pourraient, en coulisses, lui faire les yeux doux pour renforcer leur ligne de pilotes.
Et il ne faut pas oublier le marché pilote de 2027 qui s’annonce particulièrement ouvert avec plusieurs contrats phares arrivant à échéance fin 2026, notamment chez Ducati et Honda. Autrement dit, Quartararo aura le choix.
Quel scénario pour Yamaha en 2027 ?
Si Yamaha veut éviter de perdre son atout numéro un, elle doit impérativement redresser la barre. Le départ de Quartararo serait un coup dur tant sur le plan sportif que marketing. déjà bousculée par les mauvais résultats récents, la marque aux diapasons pourrait voir son image ébranlée, surtout sur le marché européen.
Le duo Yamaha-Quartararo reste aujourd’hui un pilier du MotoGP moderne, et le paddock garde espoir d’un redressement à court terme. Mais il faudra bien plus que de bonnes intentions : il faut une révolte technique. Quartararo a prévenu : 2025 sera décisive. Sans progrès, la Moto M1 pourrait perdre sa star…
Un dossier à suivre de très près
Les déclarations de Louis Rossi témoignent d’un tournant stratégique dans la carrière du Français : le temps de la fidélité pourrait bien céder à celui de l’efficacité. Quartararo a déjà porté Yamaha au sommet. S’il ne peut y rester, ira-t-il renverser la hiérarchie ailleurs ? Le paddock s’interroge, et Yamaha a une saison pour répondre.