Sur le mythique tracé de Phillip Island, Ducati a connu un samedi compliqué en l’absence de Marc Márquez. C’est Michele Pirro, pilote d’essai du constructeur italien, qui a endossé le rôle du remplaçant lors du Sprint, terminant à une lointaine 20e place. Bien au-delà des standards habituels de l’écurie rouge, ce résultat soulève plusieurs questions sur l’impact de l’absence de Márquez et la stratégie de Ducati dans ce contexte particulier.
Un remplaçant sans prétention de résultat : mission technique pour Pirro
Remplacer un huit fois champion du monde n’est jamais facile, encore moins sur un circuit aussi exigeant et spécifique que celui de Phillip Island. Ducati a préféré aligner Michele Pirro, pilote d’essais chevronné, plutôt qu’un jeune espoir ou un concurrent du paddock Moto2. Une décision qui, si elle peut sembler conservatrice, s’explique surtout par un objectif clair : recueillir un maximum de données dans des conditions réelles de course.
Pirro, 39 ans, n’avait plus roulé à Phillip Island depuis plusieurs saisons, un tracé rapide, sinueux et sujet à des conditions météos extrêmement changeantes. En qualifications, il n’a pu faire mieux qu’un 22e temps, et le Sprint du samedi s’est soldé par une discrète 20e place. Un résultat prévisible, mais secondaire selon Ducati.
Interrogé après la course, Pirro reste lucide sur sa mission : « Ce n’était pas la meilleure course, mais globalement, c’est un circuit très différent de ceux sur lesquels je fais habituellement des essais… il était important de recueillir un maximum d’informations pour l’avenir », a-t-il expliqué sur le site officiel Ducati.
Un pari stratégique à double tranchant pour Ducati
L’absence de Marc Márquez à Phillip Island, forfait après une blessure survenue lors du GP d’Indonésie, a privé Ducati d’un atout de taille pour continuer à engranger des points au championnat et tester des réglages cruciaux en vue de la fin de saison. Dans un championnat aussi homogène que celui de 2025, chaque point, chaque séance en piste peut faire la différence — surtout sur un circuit aussi exigeant que Phillip Island.
Certes, Pirro connaît parfaitement la Desmosedici GP25, mais son rythme de course et son adaptation à des tracés variés restent limités par rapport aux titulaires. Le choix de ne pas faire appel à un pilote wild-card ou à un jeune du programme VR46 ou Pramac montre une volonté de la part de Ducati de sécuriser la qualité des données. Mais cette stratégie a un coût : un week-end sans incidence sportive immédiate, ni visibilité médiatique.
Ce manque de performance pourrait paraître anecdotique, mais dans un calendrier 2025 toujours plus dense et imprévisible, laisser filer un Sprint sans jouer aux avant-postes affaiblit aussi l’aura de la machine rouge, surtout face à des rivaux comme KTM et Aprilia en embuscade.
Quel impact pour le retour de Márquez ?
La question désormais est de savoir quel sera l’état de forme de Marc Márquez pour aborder la fin de la tournée outre-mer. Son retour semble prévu pour le prochain Grand Prix en Thaïlande, mais Ducati aura-t-elle tiré les bons enseignements de ce week-end d’analyse plutôt que de performance ?
Avec une moto éprouvée mais exigeante comme la Desmosedici GP25, les données recueillies par Pirro pourraient servir à mieux préparer les prochains circuits au profil rapide, ou encore à ajuster certains comportements en cas de faible adhérence. Toutefois, sans rythme compétitif, ces données restent difficiles à corréler avec les performances réelles en course.
Ducati a donc opté pour la fiabilité et l’expérience, mais pourrait regretter ce week-end sans éclat si le championnat se joue au couteau. Le retour de Márquez sera donc scruté avec grande attention, tant pour son influence sur les résultats que pour la dynamique interne du team.
Rendez-vous en Thaïlande pour savoir si cette parenthèse aura été bénéfique ou coûteuse pour les Rouges.