Alors que beaucoup attendaient son passage en MotoGP pour la saison 2025, Manuel Gonzalez, 23 ans, continuera finalement l’aventure en Moto2 avec l’ambition clairement affichée d’intégrer l’élite en 2026. À première vue, ce maintien en catégorie intermédiaire peut sembler frustrant pour un pilote au sommet de sa forme. Mais à y regarder de plus près, il s’agit d’un choix stratégique mûrement réfléchi par son entourage.
Gonzalez en pleine ascension, mais un marché MotoGP verrouillé
Si Manuel Gonzalez ne fera pas ses débuts en MotoGP en 2025, ce n’est pas par manque de résultats. Le pilote espagnol a enchaîné les podiums cette saison en Moto2 et fait preuve d’une redoutable régularité. Son style de pilotage mature, sa gestion de course et sa capacité à performer dans des conditions variées ont séduit de nombreuses équipes, y compris Yamaha — qui semblait être la piste la plus sérieuse via le projet Pramac.
Mais cette opportunité s’est bel et bien envolée avec la confirmation de Jack Miller chez Yamaha-Pramac pour 2025. La grille MotoGP, comme souvent, s’est figée tôt, et malgré des approches concrètes, Gonzalez et son team ont dû revoir leurs plans.
« Nous avons tout tenté pour accéder au MotoGP, mais rester en Moto2 encore une saison est la bonne décision. Manu garde la tête froide et continue de progresser », a déclaré son manager Edoardo Rovelli à Sky Sports en marge du Grand Prix de Catalogne.
Un calcul à long terme : viser un guidon compétitif en 2026
Rester une saison de plus en Moto2 n’est pas un pas en arrière pour Gonzalez, mais une stratégie patiente. À une époque où certains jeunes pilotes brûlent les étapes, lui préfère solidifier son CV. Ce choix a un avantage crucial : lui permettre de viser une arrivée en MotoGP sur une machine performante, avec un projet à long terme plutôt qu’un guidon de remplissage.
L’objectif est clair : intégrer une équipe qui puisse vraiment lui permettre de se battre dans le top 10 dès sa première saison en catégorie reine. Compte tenu de la quantité de mouvements attendus pour 2026 (fin de contrats majeurs, notamment chez KTM, Honda et Aprilia), cette décision semble plus judicieuse qu’elle n’y paraît.
« Chacun a fait ses choix, nous avons préféré garder notre ligne de conduite », poursuit Rovelli. Un message fort envoyé au paddock : Manuel Gonzalez n’est pas pressé, mais il est prêt. Cette saison supplémentaire en Moto2 lui permettra de continuer de bâtir son palmarès tout en gardant une cote élevée auprès des écuries MotoGP.
Une saison 2025 sous pression… mais pleine de promesses
Avec cette décision, le pilote espagnol sera l’un des hommes à surveiller de très près en Moto2 en 2025. Son objectif sera clair : dominer le championnat, s’installer comme le pilote incontournable de la catégorie et forcer les portes du MotoGP en 2026.
Sa régularité, sa compréhension de la machine Kalex et son mental solide en font déjà un candidat crédible à la couronne Moto2. Mais cette année devra aussi servir de vitrine. En effet, le marché 2026 des transferts s’annonce très ouvert, avec de potentiels départs de pilotes expérimentés et une volonté des constructeurs de miser sur une nouvelle génération de talents.
Gonzalez jouera donc une carte importante : celle de la patience, de la constance et d’un projet structuré. Un pari risqué, certes, mais potentiellement gagnant dans une catégorie où la précipitation se paie souvent très cher.