Alors que le paddock prépare le Grand Prix de Catalogne 2025, Fabio Quartararo n’a pas mâché ses mots envers Yamaha. Le champion du monde 2021 en a profité pour envoyer un message clair à son équipe : la Yamaha est dépassée… y compris par sa rivale historique, Honda.
Une déclaration choc avant le GP de Catalogne
Fabio Quartararo n’a jamais été du genre à tourner autour du pot, mais ses déclarations de ce 5 septembre 2025 résonnent comme un véritable coup de tonnerre dans le box Yamaha. Dans une interview relayée par Daily Sports, le Niçois a déclaré sans ambages : « Aujourd’hui, nous sommes derrière Honda. C’est la réalité. »
Pour comprendre ce tacle sévère, il faut revenir sur les performances en berne de la M1 depuis début 2023. Malgré de timides évolutions techniques – notamment sur l’aérodynamique et l’antipatinage – Yamaha n’a jamais réussi à combler l’écart technique avec Ducati, Aprilia, KTM… et désormais Honda, qui revient fort après deux années de galère.
Yamaha : une stratégie confuse et des retards technologiques
Ce n’est pas la première fois que Quartararo alerte publiquement sur les manquements du constructeur japonais. Depuis le retrait de leur team satellite RNF fin 2022 et la réduction des données disponibles, Yamaha semble avancer à tâtons. L’absence notable d’un ingénieur en chef européen dédié au développement – comme le font Ducati avec Dall’Igna ou KTM avec Sebastian Risse – handicape cruellement les Bleus.
Pendant ce temps, Honda a entamé un virage stratégique majeur avec le recrutement de techniciens issus de la F1 et un investissement massif sur le cadre et l’électronique. Résultat : la RC213V 2025 montre des signes clairs de progrès, en particulier sur l’adhérence à la sortie des virages et la stabilité au freinage.
Yamaha, de son côté, continue de lutter avec une moto sous-vireuse et instable en virage rapide, des défauts que Quartararo soulignait déjà en milieu de saison 2024. Or, en MotoGP, une saison sans évolution agressive équivaut à deux saisons de retard.
Le contraste avec les rivaux européens
Chez Ducati, on célèbre déjà plusieurs victoires cette saison, et le constructeur italien domine les grilles avec pas moins de huit motos en piste. Aprilia capitalise également sur sa technologie maison (aérodynamique avancée, système d’abaissement manuel automatique) et KTM continue de séduire par sa capacité d’adaptation et sa vélocité en développement, notamment grâce à l’appui du team Tech3.
Dans ce contexte, Yamaha semble figée. Le partenariat avec Cal Crutchlow en tant que pilote d’essai ne suffit plus. Des rumeurs évoquent un possible intérêt de Yamaha pour un rapprochement technique avec Petronas ou même VR46 en 2026, mais rien n’est encore confirmé par Lin Jarvis, le patron de Yamaha Racing.
Quel avenir pour Quartararo ?
À 26 ans, Fabio Quartararo est à un tournant de sa carrière. Son contrat avec Yamaha court jusqu’en 2026, mais au vu de ses déclarations, on peut s’interroger sur une éventuelle sortie anticipée – si une clause de performance n’est pas remplie.
Le Français ne veut plus jouer les seconds rôles. Si Yamaha ne réussit pas à inverser la tendance rapidement, les offres des ténors que sont Ducati, Aprilia ou KTM pourraient sonner comme une échappatoire.
Conclusion : un appel à l’urgence
Le message de Quartararo est limpide : Yamaha n’a plus droit à l’erreur. Dans une grille MotoGP ultra-compacte et technologiquement impitoyable, la stagnation équivaut à la régression. Les fans du team aux diapasons croisent encore les doigts, mais l’heure n’est déjà plus à l’espoir, elle est à l’action immédiate. Le Grand Prix de Catalogne, ce week-end, sera observé de très près.