Le torchon brûle entre Fabio Quartararo et Yamaha. À l’aube du Grand Prix de Catalogne 2025, le pilote français ne mâche plus ses mots. L’ex-champion du monde 2021, qui lutte pour retrouver le sommet, livre une critique cinglante de l’état actuel de son écurie et n’hésite plus à comparer Yamaha à sa rivale historique, Honda… de manière peu flatteuse.
La crise se confirme chez Yamaha
En 2025, Yamaha peine encore à sortir de l’ombre. Depuis la domination italienne emmenée par Ducati et la montée en puissance de KTM et Aprilia, les constructeurs japonais semblent désemparés. Pire encore : Fabio Quartararo estime que Yamaha est désormais « la dernière écurie de la grille ».
Présent au paddock en amont du GP de Catalogne, Quartararo s’est exprimé avec franchise sur la situation : « On est clairement derniers. Ça ne fait aucun doute. On a beau travailler très dur, on a vu qu’au Red Bull Ring, on a tous les quatre terminé aux dernières places. En Hongrie, certains pilotes sont tombés, mais on était les trois derniers » (propos relayés par Motorsport.com).
Des propos qui résonnent lourdement, notamment lorsque le Français affirme que Yamaha est désormais derrière Honda, une écurie elle aussi en reconstruction, mais qui montre des signes de progrès réguliers avec ses recrues stratégiques comme Luca Marini et le développement autour de la RC213V.
Comparaison avec Honda : un aveu d’échec ou un électrochoc ?
La sortie médiatique de Fabio Quartararo n’est pas anodine. En citant Honda comme un point de comparaison défavorable, le pilote français vise clairement à provoquer un sursaut chez Yamaha. Il rappelle que l’engagement technique d’un constructeur est aussi mesuré à sa capacité de réagir face à la concurrence – et aujourd’hui, Yamaha semble à bout de souffle.
Depuis le départ de Lin Jarvis en 2023 et l’arrivée d’un nouveau management centré sur le développement à Iwata, les progrès sont insuffisants. Malgré l’intégration de nouvelles technologies, d’une aérodynamique revue, et d’un partenariat renforcé avec des fournisseurs européens, la YZR-M1 ne parvient pas à rivaliser sur les circuits rapides comme le Red Bull Ring ou le Mugello.
Honda, quant à elle, progresse doucement. Le constructeur japonais a injecté des moyens conséquents dans la recherche, notamment avec un centre européen de développement actif en collaboration avec Kalex pour le châssis. Si leurs résultats ne sont pas encore flamboyants, la dynamique de progrès est palpable, là où Yamaha semble stagner.
Quel avenir pour Quartararo chez Yamaha ?
Cette déclaration de « El Diablo » ravive les spéculations sur son avenir en MotoGP. En fin de contrat en 2026 et visiblement frustré par la situation, Quartararo pourrait légitimement envisager un changement d’écurie s’il ne perçoit pas de changement stratégique majeur chez Yamaha. Ducati, KTM ou même Aprilia pourraient être intéressés par son profil, bien que les places soient chères.
En interne, Yamaha doit désormais gérer un double défi : relancer son programme technologique et conserver son pilote phare. L’un ne va pas sans l’autre. Car c’est bien une question de survie à haut niveau qui se pose pour Iwata, dans un paddock de plus en plus dominé par l’excellence italienne et la montée en puissance des outsiders européens.
En somme, la sortie médiatique de Quartararo n’est pas qu’un simple coup de pression. C’est un appel à la révolution dans l’un des piliers historiques du MotoGP. Reste à savoir si Yamaha saura l’entendre avant qu’il ne soit trop tard.