Depuis le 5 septembre 2025, l’équipe Tech3 KTM, satellite historique du constructeur autrichien, entre dans une nouvelle ère. Le nom est le même, le staff technique est intact… mais aux commandes, c’est un visage bien connu du paddock F1 qui prend les rênes : Gunther Steiner. Accompagné d’un groupe d’investisseurs piloté par Ikon Capital, l’ex-dirigeant de Haas F1 amène avec lui une stratégie ambitieuse, mêlant modernisation et respect du patrimoine Tech3.
Gunther Steiner : le pari audacieux de Tech3 pour retrouver le sommet
Après plus d’une décennie passée dans le monde de la Formule 1 – notamment chez Jaguar, Red Bull Racing, puis comme fondateur et team principal de Haas F1 – Gunther Steiner débarque en MotoGP avec une mission claire : faire passer Tech3 dans une autre dimension. Le choix de cette figure au caractère bien trempé, connue pour avoir posé les bases d’une structure F1 quasi from-scratch, n’est pas anodin. Tech3 veut se doter de processus plus professionnels, moderniser son image, et, à terme, viser les avant-postes.
Soutenu financièrement par la société d’investissement Ikon Capital, Steiner prend les fonctions de PDG, tandis qu’Hervé Poncharal, pilier emblématique ayant tenu les rênes de Tech3 pendant près de trente ans, passera le relais à la fin de la saison. Il conservera cependant un rôle de consultant, particulièrement sur le développement des jeunes talents. Un passage de témoin en douceur, reflet d’une volonté de maintenir la continuité tout en ouvrant un nouveau chapitre.
Le tandem Steiner-Coleman : une vision à long terme pour redonner du souffle à Tech3
En 2026, un nouvel acteur viendra structurer l’organigramme de l’équipe : Richard Coleman. Anciennement impliqué dans plusieurs structures sportives et entrepreneur dans l’événementiel, Coleman arrivera comme directeur d’équipe, en tandem avec Gunther Steiner. Ils partagent une philosophie centrée sur la compétition de haut niveau et l’expérience fan, deux piliers souvent sous-exploités dans les équipes satellite.
Dans une déclaration relayée par MotoGP.com, Richard Coleman explique : « Nous l’abordons avec humilité, reconnaissant l’incroyable talent et l’expertise déjà présents dans le paddock MotoGP (…) Nous sommes ici pour concourir, pas seulement pour participer. » Cette dynamique nouvelle tranche avec la logique parfois défensive des teams satellites, souvent contraints de jouer les seconds rôles.
Le projet s’appuie néanmoins sur une base solide, à commencer par le partenariat toujours étroit avec KTM. Tech3 bénéficiera des innovations du constructeur autrichien, tout en conservant une certaine autonomie stratégique, notamment dans la gestion des pilotes et du staff technique. Une formule d’équilibre qui devrait permettre une montée en puissance progressive sans sacrifier l’ADN qui a fait la longévité de Tech3.
Quels enjeux pour KTM et le MotoGP dans cette transition ?
L’implication de profils issus de la F1 comme Gunther Steiner confirme une tendance lourde dans le MotoGP : la professionnalisation de tous les échelons. KTM, après avoir solidement développé sa structure factory, semble vouloir tirer vers le haut son équipe satellite sans la racheter totalement, à l’image du modèle Red Bull dans d’autres disciplines mécaniques. Conservant sa double identité – indépendante mais alignée sur les objectifs du constructeur – Tech3 pourrait devenir un véritable tremplin pour les futures stars KTM.
Pour le MotoGP dans son ensemble, l’arrivée de figures comme Steiner ou Coleman, au profil international et axé sur le marketing, représente aussi un atout en termes de rayonnement. Le paddock cherche constamment à attirer de nouveaux publics, et une équipe repensée comme Tech3 – ancrée dans la compétition mais soucieuse de son image – peut devenir un moteur dans ce domaine.
Avec le savoir-faire managérial de Steiner, l’énergie entrepreneuriale de Coleman, et l’héritage précieux légué par Hervé Poncharal, Tech3 aborde 2026 avec une ambition renouvelée. Reste à savoir si la piste répondra aux promesses organisationnelles. Mais une chose est sûre : le MotoGP n’a jamais cessé d’être un terrain de jeu pour les audaces.