Pédro Acosta, révélation des dernières saisons en Moto3 et Moto2, traverse une période charnière au sein du team KTM en MotoGP. Entre tensions internes, performances en baisse et intérêt d’autres écuries, la situation s’annonce pleine de rebondissements pour le jeune prodige espagnol.
L’appel à l’instinct de Kevin Schwantz
Légende vivante du MotoGP et champion du monde 1993, Kevin Schwantz ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque l’avenir de Pedro Acosta. Interrogé par DAZN, l’Américain livre un conseil sans détour : « En tant que pilote, il faut suivre ce que te dit ton instinct. Si un changement est nécessaire, fais-le. Si tu veux piloter autre chose, vas-y. »
Un message clair qui vient en réponse aux difficultés rencontrées par KTM. Malgré un début de saison encourageant, notamment lors des deux premières manches, l’écurie autrichienne marque le pas. À Austin, le team marque difficilement 3 points en combinant la course sprint et le Grand Prix principal.
Certes, Acosta continue à afficher sa combativité – Schwantz souligne d’ailleurs « son envie, sa voix, sa passion » – mais la mécanique et l’entourage semblent ne pas suivre. Dans ce contexte, le conseil de l’ancien pilote Suzuki n’est pas anodin : rester fidèle à son ressenti pourrait bien pousser Acosta vers un changement d’écurie précipité, avant même la fin de saison 2025.
Entre frustrations et sollicitations : la tentation Ducati
Comme souvent dans le paddock MotoGP, les tensions internes se traduisent rapidement en rumeurs de transferts. Et Pedro Acosta n’y échappe pas. Lors du week-end à Austin, une séquence filmée par DAZN a capté une discussion révélatrice entre le pilote espagnol et Paolo Campinoti, le patron du team Pramac Racing. Le commentaire d’Acosta ? « Tu parles avec Valera », en référence à son agent Albert Valera. Un échange qui en dit long sur les coulisses en ébullition de son avenir.
Campinoti n’est clairement pas le seul intéressé. Ducati, via ses équipes satellites – notamment le VR46 Racing Team – suit de près l’évolution de la situation de celui qui a déjà conquis les titres Moto3 et Moto2. L’argument est logique : offrir à Acosta une moto plus compétitive dès 2025, assurément plus performante que la RC16 de KTM.
Pourtant, malgré les signes d’impatience que laisse transparaitre son jeune protégé, Albert Valera joue la carte de l’apaisement : « Nous devons rester calmes […] puis à partir de là faire une évaluation », a-t-il déclaré à Motorsport. Pas d’annonce précipitée donc, mais une surveillance accrue des prochaines courses européennes, aux performances déterminantes.
KTM sous pression : une équation complexe
KTM joue gros. Non seulement la perte potentielle d’Acosta serait un revers stratégique majeure dans son plan de montée en puissance en MotoGP, mais elle signalerait aussi un désaveu de sa politique sportive. Avec un budget contraint et des résultats en dents de scie, l’équipe autrichienne pourrait voir partir la pépite qu’elle a elle-même contribué à façonner.
Le constructeur dresse un mur défensif, partageant peu d’informations concrètes sur les échanges en cours. Mais la pression monte, d’autant plus que d’autres jeunes pilotes frappent à la porte et que le marché des transferts 2025 pourrait être l’un des plus agités de la décennie.
Acosta : entre fidélité et ambition
À seulement 20 ans, Pedro Acosta doit déjà faire face à un choix lourd de conséquences. Entre fidélité à KTM, qui l’a façonné et conduit jusqu’au sommet du MotoGP, et appétit de victoires au guidon d’une moto potentiellement plus compétitive chez Ducati, le dilemme est complexe.
Si Schwantz incite à suivre son instinct, Valera, du haut de son expérience dans le paddock, évoque sagesse et patience. Mais le MotoGP reste un monde impitoyable où les opportunités ne se présentent qu’une fois. Et si c’était le moment pour Acosta de franchir une nouvelle étape ? Réponse dans les prochaines courses, avec un œil tout particulier sur les performances lors du retour en Europe.