GP des Amériques : Brivio furieux après le drapeau rouge qui a changé la donne

Photo of author

par Lucas Moretti

Le Grand Prix des Amériques 2024 aura laissé un goût amer à Davide Brivio et à l’équipe Trackhouse, privée d’un avantage stratégique crucial par un drapeau rouge déclenché dans la confusion d’avant-course.

Une stratégie brillante stoppée net par un drapeau rouge

Ce dimanche à Austin, les conditions météorologiques capricieuses ont transformé le départ du MotoGP en véritable casse-tête tactique. La piste, humide mais en train de sécher, a contraint les écuries à faire des choix décisifs entre pneus slicks (pour le sec) ou pneus pluie. Trackhouse Racing, comme KTM, a osé parier sur une stratégie agressive : miser sur un séchage rapide et partir en pneus slicks. Un choix audacieux qui s’est révélé parfaitement justifié… du moins, jusqu’au chaos provoqué par Marc Márquez.

Le pilote Gresini, en pole position mais en pneus pluie, quitte soudainement la grille pour changer de moto. Cette manœuvre crée une pagaille générale au moment clé du départ. La Direction de Course, dirigée par Mike Webb, n’a alors d’autre choix que d’agiter le drapeau rouge, stoppant le processus de départ et annulant de facto tout l’avantage des pilotes ayant pris le bon pari dès le début.

Davide Brivio : « Ce n’est pas comme ça qu’on gère un départ »

Pour Davide Brivio, team principal de Trackhouse, cette décision est tout simplement incompréhensible. L’Italien de 60 ans, ancien stratège de Suzuki, n’a pas mâché ses mots devant les caméras et micros du site officiel de la MotoGP, propos relayés par Motorsport.com : « Honnêtement, je suis très en colère, car ça n’est pas une façon de gérer un départ. Nous avons pris un pari, nous avons pris la bonne décision, et au moment où il fallait partir, ils ont tout arrêté. »

Trackhouse, qui disputait son Grand Prix « à domicile », espérait marquer les esprits grâce à une stratégie agressive dès la grille. Le pilote Ai Ogura était l’un des mieux placés pour tirer profit de la situation. Mais avec le drapeau rouge, tout le monde a pu retourner dans les stands pour changer de pneumatiques, remettant tous les compteurs à zéro. Brivio poursuit : « Nous avons pris le risque, tout était juste, mais nous n’avons pas pu en tirer avantage. »

Sécurité ou spectacle : un choix difficile mais assumé

Si la frustration de Brivio est légitime sur le plan stratégique, la plupart des autres équipes et pilotes ont soutenu Mike Webb. Le directeur de course a souligné qu’il se trouvait face à une « situation sans précédent » et que la sécurité restait la priorité absolue. En effet, un départ avec des écarts de pneus trop importants dans des conditions instables aurait pu être dramatique, notamment si certains pilotes avaient dû zigzaguer dans le peloton pour rejoindre les stands depuis la piste.

Webb a d’ailleurs annoncé, dimanche soir, que cette situation serait analysée en réunion technique avec les teams, et que le règlement pourrait évoluer pour éviter ce genre d’incidents à l’avenir. Il est probable que la direction de course cherche à mieux encadrer les changements de moto avant le départ, notamment en définissant plus clairement les marges de manœuvre des pilotes sur la grille.

Vers une évolution réglementaire nécessaire

Le chaos d’Austin souligne un point crucial : le MotoGP évolue, et son règlement doit suivre. Avec des conditions météo changeantes, de plus en plus fréquentes, les directeurs de course sont confrontés à des décisions instantanées où chaque seconde compte. Le cas de ce drapeau rouge rappelle la nécessité d’un cadre clair en cas de départ perturbé par un changement de stratégie tardif.

Pour Trackhouse, cette mésaventure représente une belle opportunité gâchée, mais aussi un rappel que le MotoGP est autant une guerre tactique qu’une course de vitesse. Davide Brivio l’a dit sans détour : « Nous avons joué, nous avons gagné, mais le jeu a été arrêté avant la fin. » En 2024, plus que jamais, les Grands Prix se décident au stand autant qu’en piste.

Laisser un commentaire