Depuis le début de la saison MotoGP 2025, Joan Mir n’en finit plus de sonner l’alerte sur les difficultés chroniques rencontrées par Honda. Alors que la RC213V montrait quelques signes prometteurs en début d’année, le constat est aujourd’hui sans appel : la machine n’a pas progressé, et semble même régresser face à une concurrence de plus en plus affûtée.
Une stagnation inquiétante pour Honda en 2025
Le pilote espagnol Joan Mir, engagé avec le team Repsol Honda, ne cache plus sa frustration. Sa dernière intervention lors du test post-GP d’Aragón, relayée par Motorsport.com, est sans détour : “J’espère rapidement parce que je sens que les autres constructeurs ont fait des progrès lors de ce test sur le MotorLand Aragón et pas nous… C’est la différence.”
Ces propos révèlent une profonde inquiétude. Alors que Ducati, KTM et Aprilia continuent d’innover et d’adapter leurs machines course après course, le HRC semble englué dans une inertie technique. Le problème, selon Mir, n’est pas seulement l’absence de développement significatif, mais aussi la perte de sensations qu’il avait au guidon en début de saison. Entre les premières courses et les dernières manches disputées, l’écart de compétitivité s’est creusé, au point de compromettre toute ambition au classement général.
Là où Honda aurait dû capitaliser sur ses premiers progrès, le recul est d’autant plus douloureux qu’il expose un véritable décrochage technologique. Dès les premiers tours des Grands Prix, les RC213V peinent à suivre le rythme, et l’usure des pneus semble plus marquée que chez la concurrence.
Un peloton en fracture : six machines dominent le reste
Au-delà des seules performances de Honda, Joan Mir évoque un problème plus large dans la hiérarchie du MotoGP 2025. Dans une autre déclaration recueillie toujours par Motorsport.com, il insiste : “Maintenant, on a six motos qui sont meilleures que les autres, qui n’ont aucune dégradation, et les autres, on a plus de dégradation.”
Cette dynamique crée une fracture nette entre les tops teams et le reste du plateau. Ducati, KTM et parfois Aprilia monopolisent les premières lignes et les podiums, grâce à des motos à la fois puissantes, stables et économes en pneus. De leur côté, les pilotes en difficulté, comme Mir ou son coéquipier Johann Zarco chez LCR Honda, peinent à exister médiatiquement.
Mir déplore également cet écart de visibilité : “La télévision préfère le spectacle des leaders, c’est normal. Mais la vie est plus belle à l’arrière !” ironise-t-il. Cette phrase résume bien le malaise actuel pour nombre de pilotes relégués aux seconds rôles, malgré des efforts constants et souvent méconnus.
Honda sous pression : des décisions urgentes attendues
À l’évidence, Honda HRC entre dans une zone rouge. Avec une RC213V qui ne convainc plus ses propres pilotes et un développement technique au ralenti, l’équipe japonaise se retrouve à nouveau dans une position défensive. La perte de Marc Márquez fin 2023 aurait dû ouvrir un nouveau chapitre avec des pilotes comme Mir, Zarco et une nouvelle direction technique.
Mais cette transition semble mal orchestrée. En MotoGP, l’enjeu n’est plus seulement de fabriquer une moto rapide, mais aussi évolutive, capable de répondre aux exigences de courses de plus en plus techniques. Si Honda ne parvient pas à proposer rapidement des mises à jour de châssis, d’aérodynamique et d’électronique, elle risque de rester dans l’ombre du peloton – un statut inimaginable pour un constructeur au palmarès aussi prolifique.
Pour Joan Mir, champion du monde MotoGP 2020, l’attente est double : d’une part, une moto capable de rivaliser avec les leaders, et d’autre part, une stratégie claire de progression d’ici la mi-saison. Sans cela, sa collaboration avec Honda pourrait prendre une tournure délicate à l’approche de la silly season 2026.
Conclusion : Une saison cruciale pour le HRC
Les déclarations sans filtre de Joan Mir jettent une lumière crue sur les difficultés de Honda. Le constructeur japonais joue gros en 2025 : sa capacité à réagir rapidement aux critiques internes sera déterminante pour redorer son blason en MotoGP. Si les semaines à venir ne débouchent pas sur des avancées concrètes, la légende du HRC pourrait continuer à s’effriter, loin de l’élite qui façonne l’avenir de la discipline.