Le paddock MotoGP bruisse de rumeurs depuis quelques jours : l’écurie Tech3, emmenée depuis 1989 par l’infatigable Hervé Poncharal, pourrait bien changer de mains. À 68 ans, le dirigeant français explore plusieurs pistes pour assurer la continuité de son équipe, et parmi elles, un nom se détache : Günther Steiner, figure bien connue du paddock F1. Alors que l’intérêt pour Tech3 semble grandir, cette possible transition pourrait marquer un tournant historique pour l’une des structures privées les plus emblématiques du championnat.
Günther Steiner et Tech3 : vers une alliance inédite entre F1 et MotoGP ?
C’est dans une interview accordée au média spécialisé Crash.net que Poncharal a confirmé être en discussions avec l’ancien patron de l’écurie Haas : « Il y a pas mal de gens, de plusieurs endroits, de la Formule 1 et d’ailleurs, d’investissements (qui sont intéressés)”, a-t-il confié. Et d’ajouter : « Mais il y a un nom qui revient tout le temps et c’est celui de Günther Steiner ».
L’arrivée potentielle de Steiner dans le monde du MotoGP ne serait pas anodine. Technicien expérimenté, reconnu pour son franc-parler et sa gestion charismatique de l’équipe Haas en F1, Steiner possède aussi une expérience étendue dans diverses disciplines : de la Formule 1 à la Nascar en passant par le rallye chez Prodrive. Une polyvalence qui pourrait faire mouche dans l’univers du MotoGP, où stratégie, négociation avec les sponsors et savoir-faire managérial sont essentiels.
Même si pour l’instant, comme le souligne Poncharal, « ce ne sont que des discussions », l’attractivité de Tech3 demeure intacte. L’écurie évolue actuellement sous les couleurs de KTM, avec un soutien officiel rebrandé GasGas depuis 2023, et représente une belle opportunité pour tout investisseur souhaitant mettre un pied dans la catégorie reine des sports mécaniques deux-roues.
Une transition réfléchie pour assurer la pérennité Tech3
Poncharal ne le cache pas : depuis sa prise de recul en 2022, lorsqu’il a cédé la direction de l’équipe à Nicolas Goyon, il envisage sérieusement la suite. Être président de l’IRTA (rôle récemment transmis à Lucio Cecchinello) et gérer une écurie aussi impliquée que Tech3 demande une énergie continue – or, le fondateur de l’équipe, lucide et passionné, souhaite préparer l’avenir avec méthode.
« Ce pourrait être en tant qu’investissement, que partenaire avec une minorité des parts… Ou bien avoir une mission pour aider à trouver des sponsors », précise-t-il. Cette déclaration montre bien que l’avenir de Tech3 reste ouvert : de la vente totale à une prise de participation partielle, Poncharal examine toutes les options, entouré de ses conseillers et de son équipe technique.
Mais pas question pour autant de précipiter les choses. Poncharal insiste sur l’importance « de garder notre calme, de vérifier avec mes conseillers, mon équipe aussi parce que Tech3 a été créée en 1989 et que des personnes nous ont aidés à être où nous en sommes aujourd’hui ». Une façon claire de dire que la dimension humaine de l’écurie prime sur les logiques purement financières.
Quels enjeux pour le MotoGP et l’héritage Tech3 ?
Si un profil comme celui de Steiner devait effectivement faire son entrée dans le MotoGP, cela pourrait symboliser une passerelle inédite entre F1 et MotoGP, deux mondes historiquement séparés mais de plus en plus interconnectés par le business, le marketing et les synergies technologiques.
Pour le MotoGP, ce serait aussi l’opportunité de faire rayonner le championnat auprès d’un public plus large, grâce à une figure médiatique issue de la F1. Pour Tech3, cela représenterait une relance stratégique, avec possiblement de nouveaux sponsors, un influx de capital et des méthodes de gestion innovantes.
Cependant, cette possible transition devra se faire sans trahir l’ADN de l’écurie fondée il y a maintenant 35 ans. Tech3, c’est avant tout une équipe qui a vu passer des talents comme Olivier Jacque, Colin Edwards, Johann Zarco ou Miguel Oliveira, avec une philosophie centrée sur la formation et l’excellence technique.
Conclusion : un dossier stratégique à suivre de près
Entre rumeurs persistantes, piste Steiner et autres investisseurs encore inconnus, le dossier Tech3 n’en est qu’à ses débuts. Mais il pose déjà une question essentielle : comment transmettre un héritage sans le dénaturer ? Pour l’instant, Poncharal garde la main et fait preuve de sagesse. Mais dans les coulisses, le jeu d’échecs a commencé : acteurs, partenaires et constructeurs observent de près les mouvements de l’écurie tricolore.
Une chose est sûre : en 2024, Tech3 pourrait bien écrire un nouveau chapitre de son histoire. Avec ou sans Steiner, mais toujours avec la passion qui fait battre le cœur du MotoGP.