Les tests hivernaux de Sepang viennent de s’achever, et si Ducati a une fois encore étalé sa supériorité, c’est bien Álex Márquez qui a volé la vedette en s’adjugeant le meilleur temps de cette dernière journée. Une performance qui en dit long sur la préparation du pilote Gresini et de sa GP26, tandis que Yamaha peine à sortir de l’ombre. Retour sur un test majeur en vue d’une saison 2026 qui s’annonce déjà électrique.
Álex Márquez en éclaireur, Ducati en force
Ce jeudi 5 février 2026, Álex Márquez (Gresini Racing) a envoyé un signal fort à ses rivaux : il faudra compter sur lui dès le lancement de la saison. Avec un chrono claqué en 1:56.402 lors de la dernière après-midi de roulage, le cadet des Márquez s’offre le meilleur temps et achève les essais de Sepang au sommet du classement du jour. Il devance Marco Bezzecchi (Aprilia), récemment prolongé jusqu’en 2028, et Fabio Di Giannantonio (VR46), tous deux en grande forme.
Les Ducatistes confirment leur emprise. Marc Márquez et le double champion du monde Francesco Bagnaia complètent le top 5 au guidon de leurs machines officielles, confirmant l’excellente synergie entre les pilotes et leur moto. Ducati semble maintenir son avance technologique, avec chaque déclinaison de la Desmosedici — GP25 et GP26 — affichant une compétitivité redoutable.
Yamaha en perdition, inquiétudes grandissantes
Pendant que Ducati place quatre motos dans le top 5 et que même KTM et Honda intègrent le top 10, Yamaha peine toujours à trouver des solutions viables. Un immense contraste persiste avec les autres usines : aucun pilote Yamaha ne figure parmi les dix meilleurs temps du jour. Et c’est Alex Rins, 12e, qui sauve l’honneur du constructeur d’Iwata. Derrière, le Turc Toprak Razgatlıoğlu (18e) et Jack Miller (17e) poursuivent leur adaptation difficile. Quant à Fabio Quartararo, le leader désigné de la marque, il a dû déclarer forfait après sa chute du mardi ayant entraîné une fracture à un doigt.
Le mal semble profond. Malgré un travail intense mené autour du nouveau moteur hybride et du châssis 2026, les performances ne sont pas encore au rendez-vous. Le manque d’adhérence en sortie de courbe et une motricité insuffisante continuent de pénaliser la Yamaha M1 face aux monstres d’efficacité que sont les Ducati. Reste à savoir si Mandalika apportera quelques réponses, car le temps presse avant le premier Grand Prix de Thaïlande.
Des enseignements clairs avant Mandalika
Outre le cas Yamaha, Sepang aura été l’occasion pour d’autres constructeurs de briller ou confirmer leurs ambitions. KTM place deux motos dans le top 10 (Pedro Acosta 8e, Enea Bastianini 10e) et montre une volonté nette de passer un cap en 2026. Honda, plus en retrait mais toujours en reconstruction, sort de l’anonymat avec Joan Mir 9e, un timide mais réel progrès.
Trackhouse (ex-Aprilia RNF), avec Raul Fernandez 7e, pourrait être l’outsider surprise de la saison à venir. Le projet américain semble enfin mûrir, reposant sur une base Aprilia solide. De leur côté, VR46 et Aprilia usines restent dans le coup techniquement, portés par des pilotes en excellente forme.
La grille MotoGP 2026 se resserre à l’exception notable de Yamaha. Mais attention : les écarts restent faibles, et si Sepang donne déjà quelques lignes de force, rien n’est encore fixé. Prochain arrêt : Mandalika. Les doutes devront y être levés, et les ambitions confirmées. L’heure des acomptes touche à sa fin, place bientôt aux vraies batailles.