Le troisième jour des essais MotoGP à Sepang a offert une démonstration magistrale des Ducati GP26, tandis que Yamaha semble enfin entrevoir le bout du tunnel après un début de test chaotique.
Domination totale des Ducati GP26 à Sepang
Ce jeudi matin, pour la dernière session matinale des tests hivernaux à Sepang, Ducati a envoyé un message clair à ses rivales : la GP26 est bel et bien la référence actuelle du plateau. Les quatre pilotes disposant des dernières évolutions de Borgo Panigale se sont adjugé les quatre premières places du classement, emmenés par un Álex Márquez en grande forme.
Le pilote Gresini a pris le meilleur chrono de la matinée devant Fabio Di Giannantonio (VR46 Racing Team), Marc Márquez (Gresini Racing) et le double champion du monde en titre Francesco Bagnaia (Ducati Lenovo Team). Malgré une chute mineure pour le plus célèbre des frères Márquez au virage 1, il a su repartir et améliorer son temps, confirmant la stabilité et la performance de la GP26, même en limite d’adhérence.
Marco Bezzecchi complète un impressionnant top 5 100% Ducati, tandis que Franco Morbidelli (Pramac Racing) — également victime d’une chute sans gravité — termine 6e. Cette domination n’est pas seulement statistique : sur la piste, les Ducati impressionnent par leur stabilité au freinage, leur motricité en sortie de virage et une vitesse de pointe qui reste au sommet de la catégorie.
Yamaha en convalescence : des premiers tours enfin prometteurs
Longtemps bloqué dans une spirale technique, Yamaha a enfin relancé son programme d’essais ce jeudi matin. Après une journée blanche hier, le constructeur d’Iwata a publié une déclaration officielle expliquant que « des analyses menées entre le Japon et l’Italie ont permis d’identifier les causes du dysfonctionnement » (source : Yamaha Racing). Bien qu’aucun détail technique n’ait encore été communiqué, la M1 a pu reprendre la piste.
À défaut de briller dans le classement, la première Yamaha, pilotée par Álex Rins, se positionne à la 12e place. Un modeste résultat qui témoigne néanmoins d’une forme d’amélioration après des débuts d’essais laborieux. Le rythme sur les longs relais reste difficile à juger, mais un retour de fiabilité est un premier pas indispensable pour Yamaha, qui joue gros cette année après plusieurs saisons sans victoire.
Fabio Quartararo, très discret en ce début de test, semble encore en phase d’évaluation avec les évolutions moteur et châssis apportées pour 2025. Son objectif est clair : retrouver la compétitivité qui lui a permis de décrocher le titre en 2021. Reste à savoir si Yamaha saura capitaliser sur cette opportunité pour revenir aux avant-postes, en particulier face à une compétition de plus en plus dense.
Honda toujours dans la tourmente
Chez Honda, les difficultés persistent. Luca Marini s’est arrêté au virage 9 en début de matinée, sans véritable performance significative, et termine la session à une lointaine 19e place. Johann Zarco, de son côté, semble toujours en phase d’acclimatation avec la RC213V version 2025 et ne parvient pas à tirer le meilleur parti de la machine, se classant 14e.
La situation de Honda ressemble à celle de Yamaha en 2023-2024 : difficulté à suivre l’évolution aérodynamique et mécanique du reste du plateau, doublée d’un manque de grip à l’arrière sur les phases d’accélération. Des progrès devront être visibles rapidement si le constructeur japonais veut éviter de revivre une saison galère.
Un plateau resserré, mais Ducati en maître du jeu
Derrière l’armada rouge, des pilotes comme Pedro Acosta, Raúl Fernández et Joan Mir confirment leur montée en puissance. Le rookie Acosta, très attendu cette saison, s’affirme déjà parmi ceux à suivre. Il termine neuvième ce matin, à moins d’une demi-seconde du leader — un écart qui témoigne de sa faculté d’adaptation exceptionnelle au MotoGP.
Ce test à Sepang confirme une chose : en 2025, Ducati reste la référence, mais la bataille s’annonce plus ouverte avec une KTM ambitieuse, une Aprilia consistante et des outsiders capables de créer la surprise. Le suspense reste total concernant les capacités de réaction de Yamaha et Honda, les deux géants historiques toujours en reconstruction.