Alors que la saison 2026 bat encore son plein, l’agitation du marché des transferts en MotoGP pour 2027 place Aprilia dans une position particulièrement instable. Au cœur des incertitudes : Jorge Martin, figure de proue actuelle de l’équipe de Noale, qui pourrait très bientôt prendre la direction de Yamaha. Une perspective qui oblige Aprilia à redéfinir sa stratégie pour rester dans la course aux sommets.
Jorge Martin sur le départ : une perte lourde pour l’avenir d’Aprilia ?
Recruté comme pièce maîtresse du projet Aprilia, Jorge Martin avait tout d’un pari gagnant. Rapide, agressif, et doté d’une capacité naturelle à hausser le niveau face aux cadors, il a porté haut les espoirs d’Aprilia, malgré une saison 2025 contrariée par des blessures. Mais voilà : selon plusieurs sources concordantes, dont Motorsport.com, Martin serait dans le viseur de Yamaha, qui cherche à opérer un virage décisif pour redevenir un prétendant sérieux au titre.
Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing, ne cache pas son inquiétude : « Nous discutons avec Jorge pour prolonger, mais nous voulons d’abord voir comment il rebondit après une année difficile. » (source : Motorsport.com). Une déclaration lucide qui reflète la prudence d’un constructeur italien désormais sous pression : continuer avec un Martin incertain physiquement, ou miser sur un nouveau leader ?
Aprilia vise Enea Bastianini : un nouveau capitaine pour 2027 ?
Avec la perspective d’un départ de Martin, Aprilia n’a pas tardé à explorer ses options – et la priorité semble désormais se nommer Enea Bastianini. Le pilote italien, actuellement chez KTM Tech3, séduit depuis longtemps les décideurs de Noale. À 28 ans, Bastianini combine expérience, vitesse et une soif de revanche après des années de hauts et de bas chez Ducati puis KTM.
Selon Motorsport.com, les contacts avec Bastianini sont bien avancés, faisant de lui la cible prioritaire d’Aprilia pour 2027. Un choix judicieux ? Sur le papier, oui. Bastianini reste une valeur sûre du plateau, capable de podiums constants et familier avec la pression d’un guidon officiel. Mais il faudra aussi évaluer sa capacité à développer une moto autour de lui, un enjeu crucial pour Aprilia qui ne dispose pas (encore) des moyens de Ducati ou Honda en matière de développement.
Des pistes alternatives au profil plus incertain
Face à l’ampleur du défi, Aprilia multiplie les approches. L’entourage de Francesco Bagnaia, double champion du monde, a été sondé – sans succès. Ducati a verrouillé son avenir autour du duo Bagnaia-Acosta, laissant peu de marge de manœuvre aux autres constructeurs.
Alex Márquez figure aussi parmi les plans B, mais le pilote Gresini n’est pas la priorité du moment. Ambitieux et à la recherche d’un guidon d’usine avec un package salarial musclé, Márquez pencherait davantage vers Yamaha ou KTM. Une piste qui s’éloigne sérieusement, réduisant encore le champ des possibles.
Un carrefour stratégique pour Aprilia
Le casse-tête qui se présente pour Aprilia dépasse la simple question du remplaçant de Jorge Martin. Il en va de la direction globale du projet. Après plusieurs saisons passées à progresser dans l’ombre des géants, la marque italienne aspire à franchir un cap décisif.
Mais pour cela, il lui faut deux choses : stabiliser son line-up pilote autour d’un leader charismatique – à l’image d’un Bagnaia chez Ducati ou d’un Quartararo chez Yamaha – et accélérer le développement de sa RS-GP, aujourd’hui compétitive mais encore trop irrégulière.
En embuscade, KTM et Yamaha bougent avec détermination. Ducati, lui, continue de dominer les débats. Dans cette redistribution des cartes, Aprilia n’a plus tolérance pour l’erreur : 2027 pourrait bien être l’année décisive de son envol… ou de son repli stratégique.
Le marché des transferts ne fait que commencer. Et dans ce jeu d’échecs à haute vitesse, Aprilia a encore quelques coups à jouer. Reste à savoir si elle saura faire échec et mat.