Le paddock s’échauffe déjà à l’approche de la saison MotoGP 2026, et un nom revient avec insistance : Franco Morbidelli. Sous les couleurs du team VR46 de Valentino Rossi, l’Italien s’apprête à relever un défi de taille au guidon de la Ducati Desmosedici GP25, une machine qui suscite autant d’interrogations que d’attentes. À 31 ans, Morbidelli joue gros : entre héritage à honorer et avenir à sécuriser, cette saison s’annonce décisive.
Une GP25 loin du succès de la GP24
En 2025, la Ducati GP24 a tout écrasé sur son passage : victoires en cascade, performances redoutables, maniabilité au top. Morbidelli, bien qu’absent du podium toute la saison, a pu bénéficier de sa compétitivité. Mais pour 2026, il devra composer avec la Desmosedici GP25, souvent jugée en retrait malgré des évolutions techniques légères.
Les retours sont pour le moins contrastés. Pecco Bagnaia, double champion du monde, a exprimé au micro de GPOne son manque de confiance sur cette moto : « On a perdu une grande partie du feeling à la mise sur l’angle et au freinage. » Même constat pour Fabio Di Giannantonio, qui a peiné à trouver ses marques avec cette version 2025. Les performances au freinage et l’efficacité en entrée de virage, deux points clés en MotoGP moderne, soulèvent les plus grandes préoccupations.
D’après les données collectées par les ingénieurs Ducati, la GP25 souffre d’une instabilité aérodynamique accrue et d’un châssis moins tolérant. Pourtant, c’est avec cette machine que Morbidelli va devoir composer l’essentiel de sa saison chez VR46. Un avantage ? Elle est désormais bien connue par les teams satellites… mais reste en deçà de l’excellente GP24.
Morbidelli : une pression entre ambition et urgence
Septième du classement 2025, Franco Morbidelli n’a toujours pas retrouvé le chemin de la victoire depuis sa saison 2020 chez Yamaha. Malgré tout, le champion du monde Moto2 2017 conserve un mental d’acier. Lors de la présentation du team VR46, il exprimait une assurance surprenante : « C’est une moto fantastique, qui a gagné quasiment toutes les courses. J’ai hâte de la piloter », rapportait alors MotoGP News.
Mais la réalité est plus nuancée. Morbidelli reste l’un des rares pilotes Ducati à ne pas avoir levé les bras cette décennie. Avec l’arrivée d’un talent comme Fermin Aldeguer et la pression constante des jeunes du Moto2, l’Italien sait qu’il joue une partie serrée. Une saison en demi-teinte avec la GP25 pourrait sérieusement compromettre son avenir en MotoGP.
Heureusement, Morbidelli peut compter sur une équipe VR46 qui croit en lui. Valentino Rossi, mentor et patron du team, mise encore sur l’intelligence de pilotage de son ancien protégé. L’entourage fait bloc, mais à ce niveau de compétition, seule la performance parle.
Quels enjeux pour Ducati et le team VR46 ?
Au-delà du cas Morbidelli, le choix de confier la GP25 à l’équipe VR46 la soulève des interrogations stratégiques pour Ducati Corse. Faut-il continuer à partager des machines d’une génération précédente, parfois peu compétitives ? Ou revaloriser les teams satellites avec un équipement plus moderne ?
Pour l’équipe VR46, l’enjeu est clair : conserver son statut de team satellite performant tout en faisant progresser ses pilotes. Si Morbidelli ne parvient pas à tirer le meilleur de sa monture, ce sont aussi les ambitions de la structure italienne qui pourraient en pâtir, alors que les rumeurs sur une potentielle montée en puissance (voire statut d’équipe officielle bis) se multiplient depuis 2024.
À l’aube de cette saison 2026, une chose est sûre : Franco Morbidelli joue gros. Entre incertitude technique et pression sportive, l’équation s’annonce complexe. Sa capacité à s’adapter à la GP25, à exploiter les données partagées par Ducati, et son rapport avec l’équipe VR46 seront les clés d’une saison qui pourrait bien être celle du rebond… ou de la bascule.