Johann Zarco a terminé sa dernière course de la saison 2024 à Valence avec une conclusion en demi-teinte. À la fois combatif et réaliste, le pilote français n’a pas masqué sa frustration face à une situation technique toujours compliquée chez LCR Honda. Retour sur une course où, malgré son expérience, l’homme aux deux titres Moto2 a dû composer avec une machine rétive et une pénalité compromettante.
Un départ prometteur, vite contrarié par les imprévus
Le départ du Grand Prix de Valence laissait présager un possible top 10 pour Zarco. Classé en milieu de grille, le pilote Honda LCR réussit une mise en action correcte. Mais dès les premiers virages, tout bascule. Pris dans le tumulte d’un peloton agité – où Fabio Quartararo semblait rencontrer un problème technique – Zarco prend une décision impulsive pour éviter Brad Binder. En se redressant pour ne pas percuter le Sud-Africain, il entre en contact avec Pecco Bagnaia, leader du championnat.
Ce léger accrochage, lourd en conséquences, entraîne immédiatement une pénalité dans le tour suivant. Zarco hérite d’un long-lap. C’est le tournant de sa course : déjà en difficulté pour trouver le bon rythme au guidon d’une RC213V exigeante et peu compétitive, le Français se retrouve relégué en queue de peloton.
Une pénalité et une stratégie de sauvetage
« Vu le contact que j’ai eu avec Pecco, je m’attendais à avoir une pénalité », a reconnu Zarco au micro de Canal+ après l’arrivée. Le pilote tricolore ne conteste pas la sanction, preuve de sa lucidité et de son fair-play. Mais cette pénalité vient saborder toute chance de résultat significatif dans cette ultime manche 2024.
Reparti presque dernier, l’objectif change rapidement. Zarco abandonne toute ambition offensive pour se concentrer sur la gestion de sa course. « Les chronos n’étaient pas mauvais, mais c’est juste que je ne gère pas la moto comme j’aimerais », a-t-il admis. Il est remonté jusqu’à la 12e place, un résultat qui ne reflète ni son talent ni son engagement, mais qui illustre bien les limites actuelles de la moto fournie par Honda.
Le constat technique : la RC213V toujours en souffrance
Depuis son arrivée chez LCR Honda en cours d’année 2024, Johann Zarco doit composer avec une machine en pleine restructuration. Honda Racing Corporation (HRC) n’a toujours pas réussi à redonner à la RC213V sa compétitivité d’antan. Malgré les efforts déployés durant la saison – notamment le développement d’un nouveau châssis et de solutions électroniques issues du satellite LCR – les résultats ne sont clairement pas à la hauteur des attentes.
Le cas Zarco illustre parfaitement les difficultés rencontrées par les pilotes Honda, tous confrontés à un manque d’adhérence à l’accélération, une stabilité précaire au freinage et une gestion électronique encore perfectible par rapport à la concurrence, notamment Ducati et KTM. À Valence, ces lacunes ont été une nouvelle fois exposées.
Bilan et perspectives pour 2025
Terminer la saison sur une 12e place peut sembler anecdotique, mais pour Johann Zarco et LCR, cette course sonne comme un rappel des chantiers urgents à mener cet hiver. Le Français, toujours très impliqué dans le développement de ses motos, pourrait jouer un rôle clé dans l’évolution de la RC213V, à condition que HRC lui donne les moyens de ses ambitions.
Avec le départ de Marc Márquez chez Ducati Gresini, la hiérarchie interne chez Honda est en pleine recomposition. Zarco, par son expérience et sa régularité, pourrait devenir un pilier du renouveau japonais – si toutefois les ingénieurs parviennent à traduire les données en progressions concrètes.
En attendant, le Français termine sa saison avec la tête haute, conscient de ses limites mais également des perspectives à explorer pour 2025 : « Je suis content d’être correctement remonté, mais je ne suis pas vraiment content », a-t-il confié. Un dernier tour de piste amer, mais lucide.