Pecco Bagnaia, double champion du monde en titre, a vécu au Mans ce qui pourrait bien être le pire week-end de sa carrière en MotoGP. Entre chutes à répétition, mauvais choix stratégiques et absence totale de points, retour sur un Grand Prix de France qui pourrait laisser des traces chez le pilote Ducati.
Un week-end cauchemardesque pour Bagnaia
Rien n’a fonctionné pour le pilote italien sur le circuit Bugatti. Tout a commencé dès les qualifications avec une élimination inattendue en Q1, le contraignant à partir de la sixième ligne pour le sprint comme pour la course longue. Difficile pour un prétendant au titre, surtout sur une moto aussi performante que la Ducati Desmosedici GP24.
Lors du sprint du samedi, alors qu’il cherchait à remonter, Bagnaia perd l’avant et chute seul. « Rien n’a fonctionné, depuis hier. Un des pires week-ends, clairement », déclarait-il au site officiel du MotoGP (motogp.com) après la course. Dimanche, la spirale continue avec une collision dès le premier virage : bousculé par un autre pilote, il revient en piste mais termine en 16e position, hors des points.
C’est la première fois cette saison que Bagnaia repart avec un score vierge aussi bien le samedi que le dimanche. Une contre-performance qui contraste avec les performances dominantes des autres pilotes Ducati durant ce même week-end, Zarco en tête, vainqueur surprise de la course.
Manque de feeling et stratégie douteuse : une confiance ébranlée
Au-delà des résultats, c’est le manque de sensations sur la moto qui inquiète. « Je suis rapide, mais je n’ai toujours pas de feeling à l’avant. […] Sur le mouillé, c’est pire, car on a besoin de retour de la moto, et là je ne ressens rien », confiait Bagnaia. Un constat étonnant étant donné la réputation de stabilité de la Desmosedici, notamment dans les phases de freinage et d’attaque du virage.
Dani Pedrosa, consultant MotoGP et ancien pilote, n’a pas mâché ses mots : « Il s’est complètement raté le samedi comme le dimanche. […] Dans le tour de reconnaissance, il lève les bras, comme pour dire : ‘Ce n’est pas possible, je me suis encore trompé !’ » (source : Auto-Moto). Pour Pedrosa, le choix stratégique de Bagnaia avant la course a jeté un froid sur sa confiance, l’amenant à douter dès les premiers tours.
Pourtant, Johann Zarco, ayant fait le même choix de pneus, a su retourner la situation à son avantage pour remporter son premier GP sur le sol français. C’est là que la différence se joue : dans la capacité à adapter son style de pilotage et sa stratégie en course, dans un contexte instable. Un exercice dans lequel Bagnaia a échoué ce week-end.
Des conséquences sur le championnat ?
Si ce Grand Prix du Mans ne constitue qu’une étape dans une longue saison, il pose néanmoins question. Bagnaia dispose-t-il toujours de cette constance mentale qui a forgé ses titres en 2022 et 2023 ? Que signifiera ce trou d’air dans la dynamique de Ducati, alors que d’autres pilotes de la marque rouge, comme Martín ou Bastianini, ne cessent de progresser ?
Le paddock bruisse déjà de spéculations sur un changement d’état d’esprit ou même de méthodes de travail au sein de l’équipe de Bagnaia. Ce GP du Mans 2024 pourrait marquer un tournant si ces difficultés venaient à se répéter. En matière de championnat, ces 0 point pourraient peser lourd dans la balance face à des rivaux de plus en plus constants.
Conclusion : un avertissement sans frais ?
Le MotoGP est impitoyable : tous les champions peuvent connaître un passage à vide, mais ce sont ceux qui savent rebondir qui marquent l’histoire. Pour Bagnaia, le défi sera désormais autant psychologique que technique. La prochaine manche, sur le tracé classique du Mugello, offrira une opportunité parfaite pour redresser la barre. En attendant, ce week-end au Mans restera comme un avertissement sévère, aussi bien pour le pilote que pour Ducati.