Depuis des semaines, les rumeurs enflent dans le paddock MotoGP. Arrivé chez Aprilia avec l’étiquette de champion en titre, Jorge Martín pourrait pourtant déjà faire ses valises. Et ce, avant même d’avoir disputé une seule course complète avec l’équipe italienne. La saison 2025 pourrait bien marquer un nouveau tremblement de terre dans le mercato MotoGP.
Une arrivée chez Aprilia plombée par les blessures
L’histoire entre Jorge Martín et Aprilia a très mal commencé. Blessé durant les essais de pré-saison, le champion du monde en titre a dû renoncer aux trois premières manches du calendrier. Fracturé aux deux poignets, l’Espagnol a tenté un retour rapide pour le GP du Qatar. Mal lui en a pris : après une nouvelle chute en course longue, il est gravement blessé – hémopneumothorax, côtes cassées – et hospitalisé durant près de deux semaines à Doha.
Conséquence : Martín a également été forfait pour les rendez-vous de Jerez et du Mans, et il ne devrait pas être de retour avant le GP d’Allemagne, prévu du 11 au 13 juillet. Un début de saison catastrophique qui a de lourdes implications contractuelles…
Une clause libératoire activée ?
D’après les révélations de Motorsport.com, Jorge Martín disposerait dans son contrat avec Aprilia d’une clause permettant de quitter l’écurie s’il n’est pas dans la course au titre après le Grand Prix de France. Or, au soir du GP du Mans, l’Espagnol n’a toujours pas disputé un seul Grand Prix complet ni inscrit le moindre point. En théorie, cette clause serait donc activable, libérant Martín dès la fin de la saison 2024.
Mais Aprilia ne compte pas se laisser faire. L’équipe italienne estimerait que ses absences étant dues à des blessures, la clause ne serait pas applicable, et que le contrat reste donc valable jusqu’en 2026. D’un point de vue juridique, le débat est ouvert, et la situation pourrait atterrir devant les tribunaux si les deux parties ne trouvent pas d’accord.
Un mariage déjà fragile
Au-delà des blessures, Jorge Martín serait déçu des performances de sa nouvelle équipe. Aprilia est actuellement avant-dernière au classement par équipes du championnat MotoGP et le constructeur occupe la dernière place du classement constructeurs. L’Espagnol se sentirait floué par rapport aux promesses faites lors de sa signature.
Par respect pour Aprilia, Martín aurait proposé de reporter l’activation de sa clause jusqu’au GP de Saint-Marin en septembre (manche 16 du championnat), ce qui permettrait à l’équipe et au pilote de tenter une amélioration ou, à défaut, de préparer correctement leur séparation.
Honda ou Yamaha en embuscade ?
Si Jorge Martín décidait de quitter Aprilia, peu de places seraient disponibles chez les top teams en 2025. Toutefois, deux constructeurs historiques pourraient saisir l’opportunité : Honda et Yamaha. Chez Honda, Luca Marini est dans la dernière année de son contrat – une configuration idéale pour accueillir Martín l’an prochain. Yamaha, en pleine reconstruction, pourrait également voir dans le champion du monde une pièce maîtresse pour relancer la dynamique autour de la M1.
Cependant, les écuries intéressées resteront prudentes tant que la situation contractuelle de Martín ne sera pas clarifiée. Il faudra sans doute attendre l’été pour voir les choses évoluer concrètement.
Quels impacts pour le championnat MotoGP ?
Le possible départ prématuré de Jorge Martín soulève plusieurs enjeux majeurs pour la grille MotoGP. D’abord, cela met en lumière les fragilités d’Aprilia, qui semblait avoir franchi un cap ces dernières saisons, mais dont les ambitions pourraient être vite douchées. Ensuite, cela pourrait bouleverser le marché des pilotes : une arrivée de Martín chez Honda ou Yamaha redistribuerait les cartes, avec des effets en cascade sur les autres transferts.
Enfin, ce feuilleton montre à quel point un début de saison raté – même causé par des blessures – peut bouleverser la trajectoire d’un pilote, aussi titré soit-il. Jorge Martín, champion 2023, pourrait bien devoir reconstruire sa légende dans un nouveau camp… dès 2025.