MotoGP : Di Giannantonio défend la GP25 face aux critiques de Bagnaia

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par Lucas Moretti

Depuis le Grand Prix d’Espagne, une question trouble le paddock Ducati : la GP25 est-elle réellement plus difficile à piloter que sa devancière ? Tandis que Francesco Bagnaia pointe du doigt un manque de confiance sur sa Desmosedici version 2025, Fabio Di Giannantonio, lui, balaie les critiques d’un revers de la main.

Bagnaia en pleine remise en question après Jerez

Arrivé troisième sur la grille à Jerez, Pecco Bagnaia espérait rattraper les leaders… mais n’a jamais été en capacité de menacer Alex Márquez, vainqueur sur sa GP24. « En théorie, l’équilibre est très similaire, ou le même, que la moto d’avant », a déclaré le champion italien en conférence de presse. Mais sur la piste, son analyse est tout autre : impossible cette saison de suivre un concurrent comme Jorge Martín sur la durée, chose qu’il réalisait pourtant régulièrement avec la GP23. Selon lui, certaines pièces livrées avec la GP25 en début de saison déséquilibrent son pilotage, ce qui l’a forcé à revenir à un set-up plus classique lors des tests privés de Jerez.

Les tests menés après la course espagnole lui ont permis d’identifier des composants développés pour la pré-saison (comme ceux utilisés par Marc Márquez) qu’il pourrait finalement réintégrer pour le Grand Prix de France. Avec prudence néanmoins, car toutes les nouveautés ne l’ont pas séduit : « On réessaiera certaines pièces au test d’Aragón » a assuré Bagnaia.

Di Giannantonio défend la GP25 : « les différences sont minimes »

Face aux doutes émis par le double champion du monde, Fabio Di Giannantonio affiche une vision radicalement différente. Celui qui pilote également une GP25 chez VR46 nuance fortement les propos de Bagnaia : « Ce sont vraiment de petites, petites, petites choses qui n’ont pas de grosse influence sur les performances », affirme-t-il. S’il n’a jamais roulé sur la GP24, l’Italien est formel : le changement par rapport à la GP23 est bien moindre que ce qu’on a pu constater entre 2023 et 2024.

L’ancien pilote Gresini va même plus loin dans son analyse : « L’an dernier, avec la GP23, on était parfois hyper compétitifs avec Marc, mais à quel prix ? On risquait notre vie à chaque virage, tellement on poussait la moto au-delà de ses limites. » Une déclaration qui illustre la finesse technique du développement de Ducati : si la GP25 apparaît plus stable mais légèrement moins explosive, c’est peut-être justement pour gagner en constance et réduire le taux de chutes.

Le vrai débat : GP24 plus facile ou pilotes plus à l’aise ?

Alors, la GP24 serait-elle plus performante ? Pas nécessairement, et le cas d’Alex Márquez à Jerez le prouve en partie. Sa victoire est spectaculaire, certes, mais ne peut être attribuée uniquement à la machine — la confiance, le grip de la piste et les conditions météo ont aussi joué un rôle clé. Ducati teste sans cesse de nouvelles configurations pour chaque châssis, ce qui rend la comparaison difficile entre les versions GP24 et GP25.

De leur côté, certains pilotes comme Bagnaia demandent un retour aux fondamentaux, quand d’autres (comme Marc Márquez) profitent pleinement des évolutions. Ce décalage dans l’adaptation aux nouvelles technologies illustre parfaitement le défi permanent du MotoGP moderne : marier innovation technique et feeling pilote.

Enjeux pour le Grand Prix de France

Le week-end au Mans s’annonce crucial pour Ducati : Bagnaia souhaite valider ses ajustements dans des conditions réelles tandis que Di Giannantonio entend confirmer sa montée en puissance. Si l’Italien de chez VR46 devance Bagnaia sur la même version de moto, la pression pourrait monter d’un cran dans les rangs de l’équipe officielle.

En toile de fond, un sujet plus large agite le paddock : jusqu’où pousser le développement sans compromettre l’aisance du pilote ? La réponse pourrait bien émerger dimanche 12 mai, sur le mythique tracé Bugatti. Une chose est sûre : le duel entre GP24 et GP25 est loin d’être clos…

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