Pedro Acosta ne joue pas au bluff. À l’issue du test de Sepang 2025, le rookie le plus attendu du paddock MotoGP affiche un mélange de satisfaction mesurée et d’ambitions clairement définies. Derrière une 8e place apparentée à une simple étape, l’espoir espagnol de KTM préfère lire entre les lignes plutôt que dans le classement.
Sepang 2025 : un test prometteur mais sans triomphalisme
À Sepang, le MotoGP 2025 a livré ses premiers indices, mais pas encore ses vérités définitives. Du côté de KTM, les progrès sont visibles : la RC16 a évolué, tant en rythme qu’en comportement. Maverick Viñales a ouvert le bal avec un roulage solide, mais c’est Pedro Acosta qui a marqué les esprits par sa maturité stratégique. Son meilleur temps en 1’57 »253 sur pneus durs l’a placé dans le haut du tableau sans pour autant maximiser la performance brute.
Le pilote de 21 ans, champion du monde Moto2 en 2023, montre un visage différent de celui qu’on attendait pour ses débuts en catégorie reine. Pas de déclarations euphoriques, pas de recherche de la position au tour. Acosta veut comprendre, pas impressionner.
« Je suis à six sur dix en termes de satisfaction », confie-t-il, lucide, dans des propos rapportés par motogp.com. « Je me sens mieux que l’an dernier, la boîte fonctionne bien, mais notre vrai objectif n’était pas ici. Je ne cherchais pas à cramer les pneus tendres pour un chrono. »
KTM semble bénéficier d’une plateforme plus stable qu’en 2024, mais le sentiment général reste celui d’un chantier encore en cours. Certaines réactions de la moto ont interpellé les ingénieurs, preuve que la marge de progression reste importante.
Buriram : Vers un test révélateur pour KTM et Acosta
Alors pourquoi Pedro Acosta se veut-il aussi mesuré ? Parce que pour lui, la vérité se fera en Thaïlande. Buriram, dont le test est programmé les 21 et 22 février, sera le véritable juge de paix pour évaluer la compétitivité de la KTM face à la référence actuelle : Ducati.
« Nous avons vu des choses inattendues à Sepang. Ce n’était pas un test “wow”, mais loin d’être mauvais non plus », analyse-t-il. Avant d’ajouter : « À Sepang, je ne voulais pas prendre de risques inutiles. Le but ici était de comprendre la moto et identifier les pièces à optimiser pour Buriram. »
Le choix stratégique est clair : plutôt que de tomber dans la course au chrono artificiel des essais d’intersaison, Acosta veut construire une base technique fiable. Il reconnaît sans ambages que Ducati a encore une longueur d’avance, mais pointe aussi que KTM progresse dans la bonne direction. Le test en Malaisie était une phase d’observation. En Thaïlande, place à l’attaque.
La piste de Buriram, plus compacte et technique que Sepang, offrira un cadre idéal pour tester la réponse du châssis, les performances en sortie de courbe et la gestion de l’électronique sur les phases de forte décélération. Des éléments essentiels pour savoir si cette KTM peut viser régulièrement le top 5… voire mieux.
Enjeux 2025 : construire l’avenir, pas courir après le présent
Avec son approche méthodique, Acosta se démarque de nombre de rookies passés par la catégorie reine. Il n’essaie pas de brûler les étapes, mais d’implanter une vraie culture de la performance à long terme dans son entourage. Et cette attitude, KTM semble la partager. L’objectif n’est pas Sepang ou même Buriram, mais bien 2025 et au-delà.
Ce test hivernal montre que KTM mise sur l’intelligence de ses décisions techniques et le sang-froid de son jeune leader. Si Sepang a offert une photographie imparfaite, Buriram dessinera peut-être une esquisse du futur. Et Pedro Acosta semble déjà en train d’en tracer les contours… lentement, mais sûrement.