Alors que la saison 2025 de MotoGP approche de son dénouement, Francesco Bagnaia, champion du monde sortant, traverse une période de turbulences qui agite les coulisses du paddock Ducati. L’Italien, actuellement troisième au classement général derrière les frères Marquez, ne semble plus dans le rythme, alternant coups d’éclat et contre-performances. Une situation qui n’a pas manqué de susciter l’inquiétude de Davide Tardozzi, team manager chez Ducati Lenovo Team.
Un podium en péril pour Bagnaia
Francesco Bagnaia réalise une seconde moitié de saison en dents de scie. Sur les trois derniers Grands Prix, sa régularité a disparu. À Misano, devant son public, le pilote turinois est passé à côté, ne marquant aucun point. Le regain d’espoir entrevu lors du Grand Prix du Japon à Motegi, où il a prouvé qu’il était toujours capable de livrer une performance de très haut niveau, a rapidement été anéanti par sa contre-performance sur le circuit volcanique de Mandalika, où il a de nouveau terminé hors des points.
Cette irrégularité compromet sérieusement sa capacité à conserver une place sur le podium final du championnat 2025, d’autant que la lutte est plus intense que jamais. Avec un Marc Marquez déjà sacré champion du monde pour la neuvième fois (source : FIM, communiqué de presse, octobre 2025), c’est désormais contre son frère Alex Marquez, deuxième du classement, que Bagnaia doit batailler pour au minimum sécuriser la troisième position.
Davide Tardozzi inquiet mais toujours confiant
Dans une déclaration rapportée par Sky Sport MotoGP, Davide Tardozzi a reconnu que la situation actuelle de son pilote est préoccupante : « Je suis inquiet, mais pas trop. J’ai confiance en Pecco et en nos ingénieurs. La vitesse de Bagnaia est présente, comme nous l’avons vu au Japon. » Tardozzi souligne qu’un travail de fond est en cours pour identifier les causes exactes de ces performances en dents de scie, un chantier supervisé par Gigi Dall’Igna et l’équipe technique de Ducati Corse.
Le directeur sportif italien insiste également sur le fait que la base technique de la Desmosedici GP25 est solide. Malgré les innovations aérodynamiques et électroniques qui rendent la moto complexe à exploiter à 100 %, Bagnaia a prouvé à plusieurs reprises – notamment lors de la tournée asiatique – qu’il disposait encore de la vitesse brute pour jouer les avant-postes. Le défi demeure mental et stratégique, dans la gestion des pneus, la constance sur l’ensemble du week-end, et la résilience dans les moments-clés.
Les enjeux pour Ducati en cette fin de saison
Pour Ducati, qui domine largement la grille MotoGP grâce à ses nombreuses motos alignées – dont celles des teams Pramac, Gresini et VR46 – l’objectif ne s’arrête pas seulement au titre constructeur. L’enjeu est aussi symbolique : placer son pilote phare sur le podium final du championnat. Bagnaia, titré en 2022 et 2023, reste l’ambassadeur numéro un de la marque de Borgo Panigale. Une fin de saison en recul ternirait non seulement son image mais aussi celle de l’écurie officielle, alors que les regards commencent déjà à se tourner vers 2026 avec des rumeurs de transferts majeurs en coulisses.
Avec encore quatre Grands Prix à disputer – Phillip Island, Buriram, Sepang et Valence – chaque point comptera. Ducati devra redoubler d’efforts pour permettre à Bagnaia de retrouver son meilleur niveau, tout en évitant les erreurs qui peuvent coûter cher dans une lutte aussi serrée pour le podium.
Si Pecco parvient à retrouver sa constance, les espoirs de voir Ducati finir la saison avec deux pilotes sur le podium (si Alex Marquez continue sur sa lancée) restent réalistes. Mais un autre écart de performance ou un abandon pourrait définitivement l’écarter d’un top 3 pourtant essentiel pour clôturer l’année sur une note positive.