MotoGP 2025 : Ducati vraiment prête à se séparer de Bagnaia ? L’analyse choc de Lorenzo

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par Lucas Moretti

Alors que la saison MotoGP 2025 est en plein cœur de ses enjeux, une question brûlante agite le paddock : Francesco Bagnaia est-il toujours l’homme de la situation chez Ducati ? Le double champion du monde, Jorge Lorenzo, a récemment alimenté le débat en comparant sa situation à celle d’un autre champion dans une autre ère… et un autre sport : Alain Prost chez Ferrari en 1991.

Un contexte tendu : Bagnaia en perte de repères

Francesco Bagnaia, couronné deux fois champion du monde MotoGP, vit une année 2025 délicate. Multipliant les erreurs en course, pénalisé par plusieurs chutes et mis en échec par son coéquipier (et désormais champion du monde), l’Italien semble en perte de confiance. Cette baisse de forme a naturellement rouvert les spéculations sur son avenir au sein de l’équipe usine Ducati Lenovo.

Dans ce contexte sous tension, Jorge Lorenzo – lui-même ancien pilote Ducati – a choisi de prendre la parole. Interviewé par Paddock-GP, l’Espagnol a livré une analyse aussi franche que percutante : « Que gagne Bagnaia à abandonner ? Il peut garder la meilleure moto (…) Ils ne feront pas ce que Ferrari a fait avec Alain Prost en 1991, je ne pense pas. À mon avis, ils ne mettent pas fin au contrat. »

La référence à Alain Prost est lourde de sens. En 1991, Ferrari avait mis brutalement fin à la collaboration avec le quadruple champion du monde, en pleine saison, suite à une déclaration fracassante du pilote français sur sa monoplace. Lorenzo semble dire : Ducati ne reproduira pas une erreur stratégique aussi coûteuse qu’irréversible.

Des tensions internes ? Le soutien (trop) discret de Valentino Rossi

Autre point soulevé par Jorge Lorenzo : l’absence de soutien affiché de Valentino Rossi, mentor de Bagnaia via la VR46 Riders Academy. Pour l’ex-pilote Yamaha, cette distance pourrait fragiliser encore davantage le Turinois : « J’aimerais voir Valentino s’impliquer davantage. (…) L’avoir aux côtés de Bagnaia l’aiderait beaucoup à gérer ces moments difficiles. », confie-t-il encore dans la même interview.

Il est vrai que Rossi garde un rôle plus discret en 2025, priorisant la structuration de son équipe VR46 et son programme Moto2. Pourtant, dans une saison aussi tendue, l’expertise et le poids psychologique du Doctor pourraient représenter un atout crucial dans la reconstruction mentale de Bagnaia.

Ducati dans une position stratégique risquée

Du point de vue de Borgo Panigale, le dilemme reste complexe. Bagnaia est toujours un ambassadeur de premier plan, très apprécié du public italien et au palmarès solide. Le remplacer brutalement risquerait de créer une onde de choc dans l’équipe, et mettre sous pression le prochain élu du guidon rouge. D’autant plus que la grille MotoGP 2025 est serrée, avec une hiérarchie technique resserrée entre Aprilia, KTM et Ducati.

Enfin, Lorenzo rappelle une vérité difficile à ignorer : Ducati possède actuellement la meilleure moto. Tous les pilotes sous contrat avec la marque italienne performent. Quel intérêt pour Bagnaia d’aller chercher ailleurs un matériel moins compétitif, et pour Ducati, d’écarter un pilote capable de briller dès qu’il est en confiance ? À court terme, la logique industrielle et sportive plaide en faveur d’un maintien.

Vers une remise en question mutuelle ?

Ce que Jorge Lorenzo entrevoit, en creux, c’est une situation où chacun – Ducati comme Bagnaia – doit se repositionner. L’Italien devra rapidement redresser la barre pour éviter d’être phagocyté par la concurrence interne (Martín, Bastianini, voire un pilote satellite ambitieux). De son côté, Ducati se doit de gérer finement cette transition psychologique, éviter un point de rupture injustifié… et préserver la cohésion d’une structure championne du monde.

La comparaison avec la F1 et les erreurs de Ferrari permet ici de prendre du recul : dans un sport aussi tactique et fondé sur la stabilité, les décisions à chaud peuvent coûter cher. Ducati le sait – et l’analyse de Lorenzo rappelle à tous les acteurs du MotoGP que la pression ne doit jamais occulter la stratégie.

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