En MotoGP, chaque millième de seconde compte, et les avancées technologiques sont désormais au cœur de la bataille. Ducati, le géant italien de Bologne, vient d’annoncer la prolongation de son partenariat stratégique avec Siemens pour deux années supplémentaires. Un choix qui ne doit rien au hasard, tant cette synergie a transformé la manière dont l’équipe aborde le développement de sa Desmosedici.
Une alliance au service de l’innovation en piste
Depuis plusieurs saisons, Ducati est la référence technique du paddock. Grâce à sa collaboration avec Siemens, la marque italienne s’appuie sur la plateforme numérique Siemens Xcelerator pour rendre ses processus plus agiles et plus réactifs. L’objectif : accélérer les cycles de conception, fiabiliser les prototypes et optimiser la performance en course.
Parmi les outils-clés du partenariat, on retrouve Simcenter, un logiciel de simulation avancée, et Fibersim, spécialisé dans la conception de pièces en matériaux composites telles que la fibre de carbone. Ces solutions permettent à Ducati de concevoir, tester et ajuster en un temps record, réduisant ainsi l’écart entre la modélisation théorique et la réalité de la piste.
Mais ce n’est pas tout. La plateforme Teamcenter joue un rôle central dans le flux de travail entre les ingénieurs de course basés sur les circuits et les équipes de développement en usine. Cette digitalisation permet une communication fluide et instantanée, essentielle pour répondre rapidement aux exigences des Grands Prix — parfois d’un week-end à l’autre. Autant dire que cette faculté d’adaptation est devenue une arme cruciale dans un championnat aussi disputé.
Ducati, championne de la transformation numérique… et du monde
Le succès de cette collaboration technologique ne se vérifie pas uniquement dans les logiciels ou les laboratoires. Il se mesure au chronomètre… et au palmarès. En 2025, Ducati a décroché son sixième titre constructeur consécutif, plaçant une nouvelle fois la Desmosedici au sommet de la hiérarchie. Mieux encore : Marc Márquez, pilote officiel Ducati cette saison, a remporté son huitième titre mondial, démontrant une osmose parfaite entre l’humain et la machine.
« Notre collaboration avec Ducati démontre comment la transformation numérique aide une entreprise à exceller dans le développement d’une technologie de pointe pour l’hippodrome, puis à appliquer rapidement ces idées à son activité plus large », explique Franco Megali, vice-président chez Siemens Digital Industries Software, cité par Motorsports Newswire.
Ce partenariat s’inscrit donc dans une logique d’amélioration continue, où chaque innovation développée pour la course est potentiellement transposable à l’univers de la moto de série. L’impression 3D en est un exemple parlant : Ducati l’utilise pour fabriquer rapidement des composants spécifiques, tester différentes itérations (notamment en aéro) et réduire considérablement les délais de mise en production. Une stratégie gagnante dans un paddock où réactivité et innovation dictent souvent le classement final.
Un modèle pour l’avenir du sport moto?
Alors que la MotoGP entre dans une nouvelle ère — marquée par la convergence entre performance moteur, aérodynamique extrême et intelligence logicielle — l’approche de Ducati fait figure de modèle. Là où d’autres constructeurs peinent à tirer parti de l’énorme volume de données générées en course, la marque italienne adopte un écosystème numérique intégré. Ce dernier favorise une boucle d’apprentissage ultra-rapide : données collectées en piste, modélisation immédiate en usine, application sur la moto suivante.
En prolongeant sa collaboration avec Siemens, Ducati sécurise donc un avantage concurrentiel précieux pour affronter les Saison 2026 et au-delà. Au-delà du paddock, cette stratégie confirme la montée en puissance de la course comme laboratoire technologique à ciel ouvert pour les deux-roues. Et si la victoire se jouait autant dans le nuage que sur l’asphalte ?