Bagnaia en difficulté avec la GP25 : Ducati face à une équation complexe

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par Lucas Moretti

Francesco Bagnaia, double champion du monde MotoGP, lance un signal fort à son équipe Ducati en ce début de saison 2025 : la dernière évolution de la Desmosedici – la GP25 – ne convient plus à son style de pilotage. Une déclaration lourde de sens alors que Marc Márquez, pour sa part, semble déjà en parfaite symbiose avec cette machine redoutable.

Un ADN technique qui évolue, un style à réinventer

Le constat est sans appel : la Ducati GP25 a changé. Et pas dans le bon sens… du moins pour Bagnaia. Historiquement redoutable au freinage – son point fort sur la GP23 et GP24 – le pilote italien se plaint désormais d’un manque de stabilité à l’entrée des virages, ce qui perturbe sa capacité à freiner tard et fort, élément central de son style offensif.

Comme Bagnaia l’explique à motorsport.com, “L’ADN de la moto de cette année a changé […] Je dois complètement changer ma façon de freiner.” Une prise de conscience difficile alors qu’il doit désormais reprogrammer ses automatismes bien rodés depuis des années.

Ce changement d’homogénéité dans la répartition des masses et la gestion de l’électronique semble avoir modifié l’équilibre général de la moto. En parallèle, d’autres pilotes comme Marc Márquez ou Jorge Martín, habitués à des styles plus adaptatifs, tirent pleinement profit des nouvelles caractéristiques techniques de la GP25. Résultat : Bagnaia peine à exprimer son plein potentiel, tandis que ses rivaux internes brillent.

Pression croissante et recherche de solutions

Face à cette adversité, Ducati se doit de réagir rapidement. L’écurie de Borgo Panigale travaille étroitement avec Bagnaia pour tenter d’optimiser ses sensations et identifier de nouvelles pistes de réglage. Parmi les solutions explorées : des entraînements spécifiques sur la très agile Desmo450 MX, dans le but d’améliorer la sensibilité de l’Italien à l’avant de la machine, notamment en phase de freinage.

Interrogé par nextgen-auto.com, Bagnaia confirme : “Dans ma tête, je veux retrouver la vitesse. C’est le premier objectif, puis les résultats viendront.” Son approche reste méthodique, mais l’urgence se fait sentir. 2025 n’est pas une année comme les autres : la concurrence en interne s’est renforcée et la grille, globalement, a gagné en homogénéité.

Les prochaines courses seront donc décisives pour le n°1 de Ducati, qui joue gros : la confirmation de son statut de tête d’affiche de la marque, mais aussi – en filigrane – sa position pour le développement des futures moutures, notamment en vue de la GP26.

Un enjeu stratégique pour Ducati

Au-delà du cas Bagnaia, cette situation soulève une question plus large : celle de la direction technique prise par Ducati. En poussant l’innovation, la marque italienne fait-elle le pari d’un modèle qui sacrifierait l’individualité au profit de la performance globale ? La réussite rapide de Márquez avec la GP25 pourrait inciter l’écurie à privilégier une configuration qui lui convient davantage, au risque de désorienter son pilote phare historique.

Nous sommes ainsi à un tournant. Si Bagnaia parvient à transformer cette période difficile en opportunité d’évolution, il renforcera son statut de champion adaptable. Dans le cas contraire, sa hiérarchie interne pourrait bien être remise en question plus tôt que prévu.

Une chose est certaine : avec une saison 2025 déjà explosive et une grille de plus en plus dense, chaque détail compte. Pour Ducati comme pour Bagnaia, l’heure n’est plus à l’hésitation mais à l’action, rapide et ciblée.

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