Depuis 2021, Ducati marche sur le MotoGP avec une régularité qui force le respect. Course après course, ses pilotes montent sur le podium, quels que soient les circuits, les conditions météo ou les incidents en piste. Avec 78 podiums consécutifs en poche après le Grand Prix de Tchéquie, les Rouges visent désormais un record vieux de plus de 25 ans… sur les terres mêmes de leur rival historique.
Motegi 2025 : la chasse au record de Honda
Ce n’est pas une simple quête de chiffres : Ducati s’apprête à égaler l’un des plus anciens records en MotoGP. Avec 83 podiums consécutifs enregistrés entre 1993 et 1999, Honda reste aujourd’hui la référence des records de constance dans la catégorie reine. Mais si Ducati place une machine parmi les trois premiers au Grand Prix du Japon, qui se déroulera sur le mythique circuit de Motegi, alors l’armada italienne atteindra ce chiffre symbolique.
Une répétition générale s’est jouée récemment en Grande-Bretagne, où Ducati est passée à deux doigts de voir sa série s’interrompre. Si Marco Bezzecchi a sauvé l’honneur en terminant troisième derrière Zarco et Márquez, c’est surtout l’abandon de Fabio Quartararo – alors leader pendant une dizaine de tours – qui a évité le pire. Plus qu’une simple statistique, cette série illustre la profondeur et la compétitivité du contingent Ducati.
Une domination collective portée par une armada de pilotes
Depuis le 29 août 2021, Ducati a su diversifier ses chances de podium grâce à une stratégie constructeur redoutable : confier le même matériel – ou presque – à plusieurs équipes satellites compétitives. Résultat : une douzaine de pilotes a contribué au record en cours. De Pecco Bagnaia (champion en titre) à Franco Morbidelli, en passant par Jorge Martin, Marco Bezzecchi, Enea Bastianini, Johann Zarco ou encore les frères Márquez, chacun a apporté son écot à cette marche vers l’histoire.
Ajoutez à cela les jeunes espoirs comme Fermín Aldeguer ou Fabio Di Giannantonio, et vous obtenez un véritable bataillon prêt à verrouiller les podiums quelle que soit l’épreuve. Loin d’une simple stratégie centrée sur une star, Ducati joue collectif et aligne des machines compétitives dans toutes les configurations.
Si le rythme se maintient, Ducati pourrait non seulement égaler Honda à Motegi, mais aussi battre ce record dès le Grand Prix suivant, prévu en Indonésie. Et ce n’est pas le seul cap symbolique en ligne de mire : les Rouges comptabilisent également 92 départs consécutifs en première ligne depuis le Grand Prix de Valence 2020. Un second record de longévité qui pourrait dépasser la barre des 100 poles d’affilée dès le mois d’octobre, en Malaisie.
Un virage dans l’histoire du MotoGP
Ce moment aurait une signification historique. Voir Ducati détrôner Honda à Motegi, fief de la marque japonaise et bastion de ses anciens succès, serait une image forte, incarnant le renversement total des hiérarchies dans la discipline depuis la dernière décennie. Le contraste est d’autant plus marquant que Honda semble aujourd’hui à la peine, en proie à des difficultés d’adaptation aux nouvelles contraintes techniques et à l’ère du châssis carbone et de l’aérodynamique avancée.
En s’imposant comme la référence, Ducati n’écrit pas seulement une belle page de statistiques. La marque de Borgo Panigale redéfinit les standards modernes du MotoGP : data, développement rapide, stratégie multi-équipe et gestion experte des pneumatiques. Autrement dit, une domination construite sur des fondations solides, et qui pourrait encore durer.
Alors que le peloton prend la direction du Japon, tous les regards seront rivés sur Motegi. Car si Ducati monte une fois de plus sur le podium, ce ne sera pas seulement un trophée de plus : ce sera l’égalisation d’un record mythique, et une manière audacieuse de défier l’histoire du MotoGP là où elle s’est écrite pendant des années.