MotoGP 2025 : Simon Crafar change les règles du jeu pour protéger les pilotes

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par Lucas Moretti

Depuis sa nomination à la tête du collège des commissaires MotoGP en 2025, Simon Crafar insuffle un vent de renouveau dans la gestion des incidents en course. Ancien pilote de renom passé par les 500cc, et figure emblématique des paddocks en tant que commentateur technique, le Néo-Zélandais veut sortir du schéma purement punitif instauré sous l’ère Freddie Spencer. Son credo ? Prioriser l’écoute, la pédagogie et la prévention au bénéfice de la sécurité et de la compréhension mutuelle dans un environnement ultra-compétitif.

Un virage stratégique dans l’approche des sanctions

Simon Crafar ne veut plus que les pilotes MotoGP découvrent leur sanction par communiqué de presse ou sur leur écran de bord. Depuis ses premiers Grands Prix en tant que président du panel des commissaires, il privilégie une approche proactive et humaine. Lors du Grand Prix d’Italie 2025, sa gestion du contact tendu entre Marc Márquez et Pecco Bagnaia a démontré ce changement de cap : échange avec les intéressés, visionnage des images, compréhension du contexte… Aucun automatisme dans la prise de décision.

Dans une interview pour Motorsport.com, Crafar explique : “Ils ont des informations que nous, en tant que juges, nous n’avons pas. Je les entends toujours avant d’émettre le moindre jugement […] Pour moi, c’est un travail visant à protéger les pilotes.” Une déclaration qui illustre pleinement l’ambition du Néo-Zélandais de redonner du sens aux interventions arbitrales et de restaurer la confiance entre les officiels et les pilotes.

Un cap pédagogique inspiré par l’expérience terrain

Simon Crafar est tout sauf un pilote de bureau. Avec un parcours riche – pilote vainqueur, instructeur technique, et consultant expert pour la Dorna – il connaît les tensions du sport de haut niveau et les zones grises d’un dépassement raté à pleine vitesse. Sa force réside dans sa capacité à conjuguer autorité réglementaire et compréhension humaine.

Il souhaite particulièrement mettre l’accent sur l’éducation et la responsabilisation des jeunes pilotes, notamment en Moto3 et Moto2, là où la fougue et l’inexpérience peuvent transformer une course en champ de mines. Cette démarche s’inscrit dans une volonté globale d’améliorer la sécurité tout en gardant la course spectaculaire.

“J’ai appris comment communiquer certaines choses, comment maintenir une bonne relation avec les pilotes” confie-t-il à Motorsport.com, rappelant son expertise accumulée en tant qu’instructeur technique auprès de la Dorna.

Un tournant attendu pour la cohérence et l’image du MotoGP

Du côté des équipes comme des pilotes, le changement est bien accueilli. Trop souvent, le panel dirigé par Freddie Spencer avait été critiqué pour son manque de cohérence et une communication jugée opaque. En 2024, plusieurs décisions jugées arbitraires – comme les pénalités infligées à Enea Bastianini ou le non-sanctionnement de certains incidents au départ – avaient mis le feu aux poudres.

Crafar s’engage à restaurer cette cohérence en s’appuyant sur des critères lisibles et une consultation directe des parties concernées. Une ambition qui rejoint aussi les attentes des spectateurs et des fans, fatigués par des controverses incessantes autour des décisions de course. Avec une posture de médiateur et une philosophie orientée vers la compréhension mutuelle, Crafar pourrait bien incarner le changement que beaucoup espéraient.

Alors que la saison 2025 bat son plein, le MotoGP semble entamer une mue plus humaine, portée par un homme qui connaît la piste et ses dangers mieux que quiconque. Un équilibre délicat à trouver entre autorité sportive et écoute des principaux acteurs : les pilotes.

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