Alors que les rumeurs d’une vente de Tech3 à Günther Steiner secouent le paddock MotoGP, Hervé Poncharal est monté au créneau pour rétablir la vérité. Oui, des discussions existent… mais aucun accord n’a été signé. Décryptage d’une situation stratégique à l’aube des grands bouleversements de 2027.
Des négociations en cours, mais rien d’acté
Dans une déclaration relayée par le site Nextgen-Auto, le patron historique de Tech3, Hervé Poncharal, a tenu à mettre fin aux spéculations : “Ils discutent, comme vous le savez. Mais rien n’a été signé ! Je n’ai jamais caché que des discussions étaient en cours. Mais ces nouvelles rumeurs et spéculations m’agacent beaucoup.” Ce commentaire fait suite à des articles évoquant une reprise imminente de l’écurie française par Günther Steiner, ex-directeur de l’équipe Haas F1, avec le soutien financier du fonds américain Apex pour plus de 20 millions d’euros.
Ces discussions, bien que réelles, restent à un stade exploratoire. Autrement dit, si un intérêt est manifeste, tant du côté de Steiner que d’Apex Capital, l’écurie tricolore n’est pas encore prête à tourner la page. Et pour cause : Tech3 est encore contractuellement liée à KTM jusqu’à fin 2026. Toute décision de cession ou de changement de stratégie s’inscrira donc dans une temporalité plus large, en lien direct avec les nouveaux accords commerciaux du MotoGP attendus pour le cycle 2027–2031.
Pourquoi Steiner attire, sans encore convaincre
Günther Steiner, célèbre pour sa gestion haute en couleur de l’écurie Haas en Formule 1 et star des séries Netflix comme « F1 : Drive to Survive », n’est pas un inconnu dans le monde des sports mécaniques. Son arrivée en MotoGP, un univers qu’il ne connaît pas encore de l’intérieur, apporterait indéniablement visibilité médiatique, méthode managériale et capitaux frais via Apex.
C’est précisément ce cocktail d’ingrédients qui séduit : dans un contexte de mondialisation accrue du MotoGP, où les enjeux financiers s’alignent de plus en plus avec ceux de la F1, accueillir un entrepreneur médiatique outsider pourrait être un levier de croissance. Mais cela sous-entend de revoir en profondeur le mode de fonctionnement actuel de Tech3, jusqu’à ses relations techniques avec KTM. Ce changement de cap stratégique n’est pas anodin, et c’est pourquoi Poncharal temporise.
Hervé Poncharal défend l’identité de Tech3
Poncharal n’a jamais caché son ouverture aux investisseurs, surtout dans la perspective du nouveau contrat MotoGP post-2026. Pourtant, il reste farouchement attaché à l’ADN de Tech3, écurie fondée en 1989 et intégrée au paddock MotoGP depuis plus de deux décennies. Il veut s’assurer qu’en cas de reprise, l’équipe conservera sa structure, son personnel, son engagement avec KTM, et plus globalement son projet sportif.
L’arrivée d’un investisseur n’est pas qu’une opération financière : c’est une transformation potentielle de toute l’équipe, de ses méthodes à sa philosophie. Entre besoin de modernisation et préservation de l’héritage, l’équation est complexe. Et dans le monde ultracompétitif du MotoGP, chaque décision compte. Pour l’heure, aucune vente n’a été finalisée. Mais le simple fait que des discussions soient entamées indique que Tech3 se prépare déjà à l’après-2026…
Ce dossier sera donc à suivre de près dans les mois à venir. D’autant que d’autres écuries indépendantes pourraient également attirer investisseurs et groupes étrangers à mesure que le MotoGP continue de monter en puissance à l’international. Le cas Tech3 pourrait bien n’être que le premier d’une série de mutations structurelles pour les équipes satellites du championnat.