KTM MotoGP : Enea Bastianini retrouve enfin le sourire à Brno après des mois de galère

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par Lucas Moretti

Depuis son arrivée dans le clan Red Bull KTM Tech3, Enea Bastianini est passé par un véritable purgatoire en MotoGP. Recruté pour son explosivité et son sens de la course, l’Italien a longtemps peiné à apprivoiser une RC16 instable, capricieuse et loin de ses standards de pilotage. Mais à Brno, en cette saison 2025, quelque chose a enfin changé. Analyse d’un week-end qui pourrait faire date.

Une adaptation douloureuse au sein de la structure KTM Tech3

Transfuge de Ducati officiel, Enea Bastianini arrivait chez KTM avec l’espoir de rebondir après une saison 2024 en demi-teinte. Mais au lieu d’un nouveau départ, c’est une descente aux enfers qui l’attendait dans le box Tech3. Dès les premiers Grands Prix de la saison, les performances ne sont pas au rendez-vous : feeling absent, vibrations fréquentes, freinages instables et usure excessive des pneus.

Lors du Grand Prix de Thaïlande, l’un des moments les plus sombres de son année, le pilote italien boucle la course avec plus de 30 secondes de retard sur le peloton de tête. «J’ai traversé des mois difficiles, je ne le nie pas, mais j’ai toujours gardé conscience de mon potentiel», a déclaré Bastianini à motorsport.com. L’ancien vainqueur de GP semblait tout simplement perdu au guidon de la RC16.

Outre les aspects techniques, le moral était également en berne. Lors des phases de qualifications comme en course, Bastianini peine à s’imposer ne serait-ce qu’au milieu de tableau. L’Italien évoquera à plusieurs reprises sa perte de repères et l’importance du soutien de son entourage : «Dans ce genre de situation, les gens que l’on a autour de soi comptent beaucoup.»

Brno : un tournant psychologique et technique pour Bastianini

Mais tout a basculé lors du Grand Prix de République Tchèque à Brno. Sur un tracé exigeant où la gestion du grip et des trajs est cruciale, Bastianini a enfin montré un visage plus serein. Grâce à une évolution des réglages et une meilleure compréhension de la RC16, l’Italien parvient à enchaîner un week-end sans erreur, avec des chronos plus compétitifs et une régularité dans le top 10.

Si les départs restent encore son talon d’Achille («Le départ continue à nous limiter un peu», analyse-t-il encore chez Motorsport), le feeling en piste est en nette amélioration. Les ingénieurs Tech3 ont revu la cartographie moteur, peaufiné les settings de l’électronique, et surtout stabilisé la phase d’entrée de virage. Résultat : un gain de confiance immédiat pour le n°23.

«On était tout le temps aux avant-postes, il faut qu’on continue dans cette direction», poursuivait Bastianini, visiblement soulagé. Plus qu’une performance brute, c’est le retour de sensations cohérentes qui a marqué les observateurs. Ses changements de direction sont plus fluides, les freinages plus incisifs, et le pneu arrière — souvent le maillon faible — parvient enfin à tenir toute la distance de course.

Un premier déclic… mais des chantiers encore ouverts

Ce week-end tchèque pourrait bien marquer un avant/après dans la saison d’Enea Bastianini. Reste à confirmer. En interne, KTM continue son travail de fond, notamment sur le châssis carbone version 2025, objet d’un développement spécifique managé conjointement par la structure principale et Tech3. La concurrence reste rude, notamment face à Aprilia et Ducati, mais les signaux positifs sont là.

Il faudra surveiller les prochaines échéances — Spielberg, Misano et Motegi — pour mesurer la solidité de ce regain de forme. KTM mise sur la résilience de Bastianini pour franchir un cap et jouer un rôle plus actif d’ici la fin de saison.

Pour les fans du MotoGP, l’histoire d’Enea chez KTM illustre à merveille combien l’adaptation pilote/moto reste un boulot d’orfèvre. Quand la machine et le pilote commencent enfin à se comprendre, tout peut changer… même après des mois d’enfer.

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