Ducati revendique sa suprématie en MotoGP : Dall’Igna règle ses comptes avant 2027

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par Lucas Moretti

Depuis 2020, Ducati est la référence absolue en MotoGP. Trois titres constructeurs consécutifs, une présence écrasante sur la grille, et une influence technologique qui dépasse les stands rouges de Borgo Panigale. En marge des essais 2025 à Sepang, Gigi Dall’Igna, le directeur technique de Ducati Corse, a livré un discours sans langue de bois. Entre satisfaction assumée et message à peine voilé à la concurrence, l’Italien pose les fondations d’un futur que Ducati entend dominer.

Une philosophie unique : innovation, formation et fierté

Lors de son intervention (propos relayés par MotoGP.com), Dall’Igna a insisté sur ce qui distingue Ducati de ses rivaux : sa capacité à innover en interne, sans copier les autres. « Nous sommes les seuls à ne pas copier les autres technologies ni à piller les staffs d’ingénierie concurrents », a-t-il affirmé. Ducati revendique une culture maison, fondée sur la formation de jeunes ingénieurs et le développement d’idées originales. Une stratégie qui a porté ses fruits depuis l’introduction du holeshot device ou encore du ride height adjuster, aujourd’hui adoptés par toutes les écuries.

La marque italienne ne se contente pas de suivre la tendance : elle la crée. Cette maîtrise de l’innovation fait de Ducati un modèle, à tel point que plusieurs anciens ingénieurs Ducati sont aujourd’hui répartis dans d’autres constructeurs. Une véritable « école rouge » qui rayonne sur tout le paddock MotoGP, confirmant l’avance technique et méthodologique cultivée par Dall’Igna depuis son arrivée en 2014.

2027 à l’horizon : nouveau règlement, mêmes ambitions

Alors que le règlement MotoGP 2027 approche à grands pas, avec son cortège de restrictions — cylindrée réduite, simplification aérodynamique, bridage électronique — beaucoup craignent une perte d’intérêt technique. Pas chez Ducati. Dall’Igna y voit plutôt une nouvelle opportunité de se démarquer. « Chaque changement est un nouveau défi. Et les défis, c’est ce qui fait évoluer notre sport. »

Confiant, presque serein, le directeur technique estime que même avec moins de liberté réglementaire, l’innovation trouvera son chemin. Il évoque d’ailleurs déjà des pistes de développement malgré les limitations à venir. Une posture qui contraste fortement avec certaines équipes qui redoutent une standardisation du plateau. Ducati, elle, entend conserver son ADN : transcender les règles plutôt que de les subir.

Un message aux rivaux : Ducati ne compte pas lever le pied

Au-delà de la technique, Dall’Igna adresse un message clair à ses concurrents : Ducati ne faiblira pas. Et si certains voient dans la domination actuelle une anomalie temporaire, l’Italien rappelle que les résultats sont le fruit d’une vision long terme construite autour d’une culture d’entreprise forte. Ducati ne se contente pas de gagner, elle construit un modèle pérenne, reposant sur l’excellence technique, l’investissement humain et l’anticipation stratégique.

Le seul point sur lequel Gigi Dall’Igna accepte de nuancer son enthousiasme concerne la vitesse de pointe. Avec des pointes à 362 km/h atteintes par certaines Desmosedici, il admet que cela peut devenir problématique sur certains circuits. « Il est bon de réduire un peu la vitesse, la sécurité doit rester prioritaire. » Une lucidité saluée parmi les acteurs du paddock, à l’heure où la FIM et la Dorna affinent les contours du règlement 2027 avec justement cette notion comme priorité.

Conclusion : un avenir rouge Ducati sur fond de réformes

En 2025, Ducati arrive avec une longueur d’avance sur tous les fronts : technique, humain et stratégique. Gigi Dall’Igna ne s’en cache pas. Mieux : il le revendique. Alors que le MotoGP entre dans une phase de mutation profonde, la marque italienne mise sur ses fondamentaux pour rester au sommet. Et si ses concurrents espéraient que la standardisation réglementaire viendrait niveler les performances, la déclaration de Dall’Igna à Sepang agit comme un avertissement : Ducati est prête. Et sa dynastie ne fait peut-être que commencer.

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