MotoGP 2025 : Pourquoi Lorenzo croit encore au retour de Bagnaia en 2026

Photo of author

par Lucas Moretti

Depuis sa montée en puissance entre 2021 et 2024, Pecco Bagnaia incarnait la régularité et la maîtrise chez Ducati. Mais la saison 2025 a marqué un tournant inattendu : le double champion du monde peine à retrouver son niveau d’antan. Erreurs, manque de feeling, adaptation difficile à la GP25… Nombreux sont ceux qui analysent cette chute de performance à l’aune de facteurs techniques ou politiques. Pas Jorge Lorenzo.

L’ancien pilote Yamaha, désormais commentateur affûté, livre une analyse bien plus subtile : selon lui, le problème de Bagnaia est d’abord mental. Et la sortie du tunnel pourrait intervenir dès 2026, à condition que l’Italien retrouve son alignement intérieur.

Une saison 2025 sous tension pour Bagnaia

Après une série impressionnante de podiums et deux titres mondiaux (2022 et 2023), l’Italien semblait en totale symbiose avec sa Desmosedici. Mais en 2025, le vent tourne : l’arrivée de Marc Márquez dans le giron Ducati redessine les hiérarchies internes, tandis que l’évolution technique vers la GP25 perturbe les repères de Bagnaia.

Peu de chutes, mais beaucoup de courses « sans », de performances en demi-teinte, de qualifications ratées : un syndrome difficile à expliquer de l’extérieur, mais bien connu des pilotes de haut niveau. Jorge Lorenzo, triple champion du monde MotoGP, en sait quelque chose.

Dans un entretien accordé au site officiel du MotoGP, il évoque l’année 2014 : « On a changé les pneus, réduit le réservoir. De l’extérieur, ça avait l’air de rien. Mais pour moi, ça a tout changé ». Un changement minime peut faire s’écrouler tout l’édifice de confiance.

Lorenzo : « Le problème de Pecco, c’est dans la tête »

Pour Lorenzo, ce n’est ni la Ducati ni le setup qui expliquent les difficultés de Bagnaia. C’est un dérèglement invisible, interne, que seul le pilote peut résoudre. « Pecco est encore un champion. Ce qu’il a montré en 2024, il peut le refaire. Mais il doit retrouver ce qui cloche à l’intérieur », assure-t-il.

Ce qui frappe, c’est la lucidité de cette analyse. Pas de remise en cause radicale, pas de critiques faciles. Simplement un constat : quand un top pilote perd ses sensations, il doit explorer de nouvelles pistes mentales. Lorenzo évoque même la nécessité d’un accompagnement psychologique, ou d’un changement de routine d’entraînement : « Il faut tester cinq choses différentes pour peut-être en trouver une qui débloque la situation ».

C’est une lecture fine, rarement abordée dans le paddock, où l’on parle plus de gomme et d’aileron que de psychologie. Mais elle correspond parfaitement aux réalités du MotoGP moderne, où tous les pilotes tournent dans la même seconde — à ce niveau, les centièmes se jouent autant dans la tête qu’au chrono.

2026 : l’année du rebond pour Bagnaia ?

Selon Lorenzo, tout l’enjeu est là : retrouver un équilibre personnel. Et cela passe autant par la confiance retrouvée avec la machine que par une introspection profonde. Les doutes ne s’éradiquent pas avec des réglages, mais avec une transformation intérieure.

En 2026, Ducati pourrait encore revoir sa stratégie technique, voire redistribuer les cartes internes face à la cohabitation entre Márquez, Martin et Bastianini. Si Bagnaia relève le défi mental avec l’aide de son entourage, il reste un prétendant sérieux au titre. Car, comme le souligne Lorenzo, « un vrai champion ne disparaît pas — il se réajuste ».

Ce retour de l’intérieur, plus qu’un simple retour de forme, serait une démonstration de force mentale et de résilience. Exactement ce que Pecco a déjà prouvé dans le passé. 2026, saison du rebond ? Ne manque plus qu’un déclic… et le brasier peut repartir.

Laisser un commentaire