En ce début de saison 2025, Aprilia change de visage. Fini le temps des espoirs timorés : aujourd’hui, Massimo Rivola affiche une ambition limpide. Les tests de Sepang ont confirmé la montée en puissance de la RS-GP26. L’objectif ? Mettre Ducati dans le viseur et ne plus se contenter de suivre la meute.
La RS-GP26 progresse sur tous les fronts
Lors des essais IRTA MotoGP à Sepang, Ducati a une fois de plus dicté le tempo, forte d’une Desmosedici GP26 déjà impressionnante. Mais derrière les performances des Rouges, une autre machine attire l’attention : la nouvelle RS-GP26 d’Aprilia. Déjà affûtée techniquement, elle affiche des progrès significatifs dans tous les domaines, en particulier du côté de l’aérodynamique – un domaine critique dans le MotoGP moderne.
Le patron d’Aprilia Racing, Massimo Rivola, l’a confirmé sans détour auprès de DAZN Espagne : « La nouvelle moto représente un progrès par rapport à la précédente, donc globalement, nous sommes satisfaits. […] Ducati sera à nouveau la référence cette année : un défi passionnant nous attend. »
Les retours pilotes sont unanimes : la RS-GP26 délivre plus de constance, de feeling et d’agilité. Grâce à un développement mesuré mais constant en soufflerie et en électronique, Aprilia s’est dotée d’une machine cohérente et compétitive dès les premières séances de test.
Une stratégie à long terme et des objectifs clairs
Chez Aprilia, l’approche change profondément. L’époque des coups d’éclat ponctuels semble révolue. Aujourd’hui, Rivola démontre qu’il bâtit un projet solide, structuré et tourné vers le long terme. La lucidité n’exclut pas l’ambition. Et c’est peut-être là la plus grande évolution du constructeur de Noale.
Cette ambition se traduit aussi par des choix stratégiques forts. À commencer par celui de Jorge Martin. Le pilote espagnol, en convalescence lors des tests de Sepang, n’a pas pris le guidon, mais reste un élément central du projet. Rivola soutient pleinement sa décision de se consacrer à la récupération post-opératoire, refusant de précipiter son retour : « Il a fait le bon choix, car il risquait d’aborder une nouvelle saison dans des conditions loin d’être optimales. »
Avec un Martin au sommet de sa forme prévu pour le début de la saison, Aprilia parie sur une montée en puissance dès les premières courses. L’objectif est clair : titiller les Ducati sur tous les circuits, entrer dans la lutte pour le podium dès chaque week-end et construire des victoires régulières, là où le constructeur italien brillait encore par intermittence en 2024.
La méthode Rivola : rigueur, discrétion et cap assumé
Massimo Rivola impose un ton unique dans le paddock. Sans déclaration choc ni communication tapageuse, il travaille dans la continuité d’une culture italienne d’excellence technique, renforcée par une vision managériale précise et moderne, acquise lors de son passage chez Ferrari en Formule 1.
Le marché des transferts, déjà agité pour 2027, pourrait vite transformer la tranquillité actuelle du team en véritable tourbillon médiatique. Mais là aussi, Rivola reste droit dans ses bottes. Pas de panic-button, pas de surenchère. Chaque mouvement est pensé pour servir un projet à long terme. Les déclarations publiques n’enflamment jamais les passions, mais confirment une détermination inébranlable.
En d’autres termes, Aprilia ne veut plus être seulement une belle surprise parmi les gros bras. La marque italienne veut gagner, et surtout, en faire une habitude.
Ducati dans le viseur : une saison 2025 pleine de promesses
Le message est clair : Aprilia s’élance pour 2025 non pas en outsider romantique, mais en sérieux candidat. Le duel avec Ducati promet d’être épique. Tandis que la marque de Bologne pourra encore miser sur l’expérience, la profondeur de banc et une machine mature, Aprilia propose un cocktail explosif : innovation, régularité et ambition méthodique.
Rivola n’a peut-être pas encore les moyens d’un constructeur champion du monde, mais il a déjà la mentalité et les outils pour en devenir un. En 2025, la chasse est officiellement ouverte.