Pablo Nieto pointe du doigt l’inconstance de la VR46 face à Gresini : alerte rouge chez Ducati ?

Photo of author

par Lucas Moretti

La saison 2024 de MotoGP a mis en lumière une réalité que ni la VR46 Academy ni Ducati n’avaient anticipée : malgré une Desmosedici GP25 ultra-performante, l’écurie de Valentino Rossi s’est faite totalement distancer par Gresini Racing, équipée de la GP24. Un constat amer, que Pablo Nieto, directeur sportif de la VR46, analyse avec lucidité, mais non sans sévérité.

Une GP25 dominée par la GP24 : un scénario impensable chez Ducati

En théorie, l’écurie Mooney VR46 disposait des meilleures armes pour affronter la saison : des pilotes prometteurs, un encadrement solide et surtout, la Ducati Desmosedici GP25, dernière évolution du missile italien. Pourtant, Fabio Di Giannantonio et Marco Bezzecchi n’ont pas réussi à hisser l’équipe au niveau attendu. En face, Gresini Racing, avec une « simple » GP24, a brillé, notamment grâce à Alex Márquez – vice-champion du monde 2024 – et sa remarquable régularité.

Le constat est saisissant : VR46 termine la saison avec un déficit de 188 points sur Gresini au classement par équipes. Et avec seulement six podiums en 22 courses, l’écart entre les ambitions de début de saison et la réalité est devenu un gouffre difficile à justifier.

Pablo Nieto sonne l’alarme : manque de constance et fragilité mentale

Dans une sortie remarquée, rapportée par Speedweek, Pablo Nieto, le team manager de la VR46, tire une conclusion sans détour : « Il est très, très important d’être plus réguliers car, pour finir, c’est ce qui fait la différence ».

Nieto pointe du doigt l’instabilité chronique du team : capable de jouer la victoire en Allemagne et de disparaître deux semaines plus tard, l’équipe n’a jamais su construire une dynamique solide. « Quand on a des problèmes, il est très important de ne pas les amplifier. Un petit souci peut rapidement devenir un gros handicap », explique-t-il, soulignant un manque de clarté dans l’analyse technique et stratégique du team tout au long de l’année.

Pour une structure soutenue par Valentino Rossi et l’Académie VR46, cette irrégularité est d’autant plus inquiétante. Car chez Ducati, on scrute attentivement les performances des satellites, surtout à l’heure de choisir qui pilotera les prototypes lors de la saison suivante.

Problème structurel ou passager ? Les vrais enjeux pour 2025

La question est désormais posée : le revers de 2024 est-il conjoncturel ou systémique ? Avec l’intégration progressive des jeunes talents issus de la VR46 Academy, le team doit impérativement redresser la barre s’il veut conserver la confiance de Borgo Panigale. D’autant qu’en 2025, la compétition inter-Ducati s’annonce encore plus féroce avec Pramac et Gresini qui montent en puissance.

Derrière les performances, c’est aussi l’image de l’écurie VR46 qui vacille. Créée comme vitrine du travail de formation de Valentino Rossi, elle se doit de performer régulièrement pour légitimer son existence dans un paddock de plus en plus impitoyable. L’enjeu pour 2025 est clair : retrouver la régularité, optimiser le potentiel du GP25, et surtout, améliorer la capacité du staff technique à répondre rapidement aux imprévus du week-end.

Conclusion : un virage crucial pour la VR46

Avec des ressources solides et le soutien d’un constructeur dominant, la VR46 a toutes les cartes en main pour rebondir. Mais comme le souligne Pablo Nieto, le véritable défi n’est plus la vitesse pure mais la constance. Dans une saison où chaque top 5 compte, l’instabilité affichée en 2024 ne pardonnera plus.

La VR46 Academy devra apprendre de ses erreurs et affuter sa stratégie. Car en MotoGP, le talent ne suffit pas – c’est la régularité qui fait les champions.

Laisser un commentaire