Champion du monde Superbike 2025, Toprak Razgatlioglu prépare déjà sa transition dans l’arène MotoGP. Annoncé chez Pramac pour 2026, le pilote turc aux trajectoires spectaculaires promet une arrivée tonitruante au sommet de la catégorie reine.
Toprak Razgatlioglu : de BMW en WSBK à Pramac en MotoGP
Ce n’est plus un secret : la grille 2026 du MotoGP accueillera un nouvel acteur de poids. Après avoir conquis le titre en Superbike avec BMW, Toprak Razgatlioglu tentera le grand saut vers le MotoGP aux commandes d’une Ducati Pramac. Un passage attendu et scruté, tant le style du pilote turc fascine autant qu’il interroge sur sa capacité à s’adapter à la discipline reine.
Dans un paddock MotoGP de plus en plus dense et compétitif, ce transfert constitue un pari technique et stratégique. D’un côté, Pramac s’assure les services d’un pilote de talent singulier, capable de faire la différence par son agressivité et sa capacité à freiner très tard. De l’autre, Toprak s’appuiera sur une moto championne du monde, la Ducati Desmosedici, pour aborder en confiance ce virage crucial dans sa carrière.
Podium en ligne de mire et esprit de compétition affirmé
Interrogé lors des FIM Awards 2025 à Valence, Razgatlioglu ne cache pas ses ambitions : « Une fois que je me serai habitué à la moto et que j’aurai trouvé ma position de pilotage parfaite, on pourrait décrocher quelques bons résultats. J’espère un podium, ce serait une belle motivation pour 2027. » (FIM Awards).
Conscient des défis qui l’attendent, Toprak parle avec lucidité de sa première saison comme d’une phase d’apprentissage. Pas de précipitation, mais déjà l’envie d’en découdre : « Je dois éteindre les écrans affichant les chronos et me concentrer sur mon travail. Mais ce n’est pas facile, j’en veux toujours plus. Je suis un compétiteur ! » Un mental de champion qui ne transige pas avec l’exigence.
Objectif 2026 : apprendre, progresser… et se mesurer aux plus grands
Au-delà du résultat brut, Toprak rêve avant tout de batailles avec les plus grands noms. Son ambition ? Affronter Marc Márquez en piste, un duel qu’il considère comme un objectif ultime : « Un jour, je veux un duel avec Marc Márquez. C’est mon plus grand rêve. » Il le dit avec respect et envie, conscient que ces confrontations sont autant d’opportunités pour grandir comme pilote.
Le lien avec Fabio Quartararo est également évoqué. Tous deux liés au giron Yamaha (même si Quartararo reste chez l’équipe officielle pendant que Toprak évoluera sur une Ducati Pramac), ils auront l’occasion d’analyser mutuellement leurs données. Une perspective qui séduit Razgatlioglu, persuadé que l’apprentissage sera mutuel.
« Fabio est un très bon pilote. Il faudra probablement que j’apprenne beaucoup de lui. Mais peut-être qu’il apprendra aussi quelque chose de moi », confie-t-il. Si Yamaha voit Toprak partir rouler pour la concurrence avec regret, le constructeur japonais espère toujours capitaliser sur cette émulation future.
Un style unique qui redistribuera les cartes ?
Toprak Razgatlioglu, c’est un pilotage spectaculaire, instinctif, ultra-late braking et une approche du grip à la limite du raisonnable. Sa façon d’aborder les entrées de virage pourrait bien bousculer les repères établis du MotoGP. Mais cette transition de style entre le WSBK et le MotoGP, historiquement complexe, devra être parfaitement gérée.
L’une des clés de sa réussite passera par son adaptation à l’électronique complexe des prototypes MotoGP, à la gestion des pneus Michelin, et à une aérodynamique bien plus sophistiquée qu’en Superbike. S’il y parvient, Toprak ne sera pas là juste pour faire de la figuration. Il pourrait même devenir une figure incontournable d’une nouvelle génération de pilotes audacieux, comme l’ont été Quartararo ou Jorge Martín à leurs débuts.