Le MotoGP entre dans une phase de mutation stratégique, et 2026 s’annonce déjà comme une année charnière pour la direction du championnat. Confirmé par Motorsport.com, Dan Rossomondo, actuel directeur commercial de Dorna Sports, quittera son poste en janvier 2026. Un départ majeur qui intervient dans un contexte de transformation pour la discipline, quelques mois seulement après l’entrée en scène de Liberty Media, nouvel acquéreur des droits commerciaux du MotoGP.
Une démission symbolique à fort impact
Arrivé début 2023 au sein de Dorna avec un solide bagage issu du monde du sport professionnel américain – notamment 15 années passées à la NBA dans des fonctions commerciales et marketing –, Dan Rossomondo aura joué un rôle déterminant dans la modernisation de l’image du MotoGP. À son actif : une refonte complète de l’identité visuelle du championnat, avec un nouveau logo dévoilé fin 2023, ainsi qu’un repositionnement stratégique visant à élargir l’audience, notamment auprès des jeunes générations et des marchés nord-américains.
Cependant, son mandat aura été de courte durée. Dans un communiqué officiel du championnat publié ce mois-ci, il a été précisé que Rossomondo «continuera d’apporter des conseils stratégiques auprès de Carmelo Ezpeleta et du board durant la phase de transition». De son côté, le directeur général de Dorna Sports, toujours à la tête du MotoGP pour encore «deux ou trois ans» selon ses propres mots, a salué la contribution de Rossomondo, qualifiant son travail d’essentiel dans l’évolution du modèle commercial de la série.
Quant à Rossomondo, il évoque des raisons personnelles pour motiver son départ, affirmant revenir aux États-Unis pour se rapprocher de sa famille, tout en exprimant son affection grandissante pour le MotoGP, qu’il continuera de suivre depuis l’Amérique. Ce départ soulève néanmoins des questions essentielles quant à la stabilité de la direction actuelle, au moment même où une nouvelle ère semble se dessiner.
Liberty Media prépare-t-il sa révolution managériale ?
Ce timing ne doit rien au hasard. Avec le rachat des droits du MotoGP par Liberty Media en 2024 – le même groupe américain derrière le succès commercial du championnat de Formule 1 depuis plusieurs années –, l’organigramme dirigeant est en pleine recomposition. L’absence d’annonce concernant le successeur de Rossomondo renforce l’hypothèse selon laquelle Liberty pourrait placer ses propres profils à la tête de la direction commerciale du championnat, dans une volonté d’aligner les méthodes entre F1 et MotoGP.
Cette stratégie pourrait mener à une **américanisation du modèle MotoGP**, à la manière de la F1 : accent mis sur le storytelling, développement de séries documentaires comme Drive to Survive, renforcement de la présence en ligne, investissements massifs dans les marchés nord-américain et asiatique, sans oublier la croissance du calendrier avec des événements spectaculaires dans des lieux iconiques.
Certains acteurs du paddock voient d’un bon œil cette dynamique de transformation, espérant que le MotoGP pourra en tirer les mêmes bénéfices que la Formule 1 en termes d’exposition médiatique et de revenus marketing. D’autres, plus sceptiques, s’inquiètent d’un virage trop brutal, au détriment de la culture motarde européenne historiques et de la proximité entre le public et les pilotes.
Quel impact pour l’avenir du MotoGP ?
Avec l’annonce du départ de Dan Rossomondo et l’imminence d’un probable remaniement des hautes sphères de la direction, la saison 2025 pourrait bien poser les bases d’une refonte globale du modèle MotoGP. L’enjeu ? S’adapter aux standards de l’ère numérique et captiver une audience internationale toujours plus exigeante.
Reste à surveiller de près l’identité du remplaçant de Rossomondo, qui devrait être dévoilée dans les prochaines semaines. Une nomination qui pourrait révéler les orientations stratégiques choisies par Liberty Media et Carmelo Ezpeleta pour piloter le championnat au-delà de 2026.
Une chose est sûre : avec ce départ majeur au sein du board, le MotoGP est à l’aube d’une transformation profonde, mêlant incertitude et opportunités pour l’avenir de la discipline reine du sport moto.