Saison 2025 de tous les espoirs pour Aprilia : la marque italienne a non seulement bouleversé la hiérarchie en MotoGP, mais elle a aussi offert à ses fans un suspense haletant jusqu’au dernier virage. Grâce à Marco Bezzecchi et Raul Fernandez, Aprilia signe son meilleur classement en MotoGP, s’offrant même un doublé historique lors du Grand Prix de Valence.
Aprilia, l’outsider devenu prétendant au titre
Personne ne l’avait vu venir aussi fort. Et pourtant, Aprilia s’est révélée en 2025 comme l’un des constructeurs les plus compétitifs. Portée par l’arrivée réussie de Marco Bezzecchi, transfuge de VR46 Racing, et l’ascension du talentueux Raul Fernandez sous les couleurs de Trackhouse Racing (l’équipe satellite), la RS-GP 2025 s’est imposée comme une solution technique redoutable.
Dès Silverstone, Bezzecchi frappe un grand coup en remportant le Grand Prix de Grande-Bretagne. Il enchaîne ensuite avec des victoires à Portimao et Valence, là où l’intelligence stratégique de l’équipe, profitant notamment de l’absence de Marc Marquez et des chutes d’autres favoris, joue un rôle décisif.
Côté satellite, Raul Fernandez crée la sensation en Australie. Sur le circuit de Phillip Island, réputé pour sa complexité, l’Espagnol décroche sa toute première victoire MotoGP. En bonus ? Il termine l’année en beauté avec un podium à Valence, permettant à Aprilia de signer un doublé inédit et historique, une première depuis plus de deux saisons.
Le vent tourne malgré les blessures et l’hégémonie Ducati
Il faut le souligner : Aprilia n’a pas bénéficié d’un chemin tout tracé. Le constructeur a dû composer avec une concurrence toujours aussi féroce et plusieurs incidents de parcours, notamment la blessure de Jorge Martin, potentiel prétendant au titre en début de saison, et les chutes à répétition d’Ai Ogura.
Pourtant, bilan comptable à l’appui, Aprilia dépasse KTM et s’empare de la deuxième place au championnat des constructeurs. Du jamais vu pour le constructeur de Noale, qui voit enfin ses investissements massifs en R&D commencer à porter leurs fruits.
Dans une déclaration relayée par Motorsport.com, Fabiano Sterlacchini, directeur technique de l’écurie, se félicite de ces résultats : « Honnêtement, c’est un peu plus que ce à quoi nous nous attendions… L’année a été très positive et meilleure que prévu. »
Pour 2026 ? L’optimisme est mesuré. Les essais de Valence ont été l’occasion d’introduire un nouveau package aérodynamique ainsi qu’un châssis revu, signes que le développement technique ne s’arrête pas là. Mais le directeur reste prudent : « Nous avons beaucoup amélioré notre niveau et nous nous sommes rapprochés des autres. Mais Honda, KTM et même certains pilotes comme Mir et Marini progressent aussi. »
Quels enjeux pour la suite ?
Le succès d’Aprilia en 2025 chamboule les équilibres établis du MotoGP. Ducati conserve sa domination grâce à la constance de Pecco Bagnaia et à la profondeur de son banc de pilotes, mais la dynamique change. Aprilia se positionne désormais comme le premier challenger sérieux, capable d’exploiter les moindres failles des Rouges.
Derrière ce succès, c’est une stratégie de développement sur le long terme qui paie : adaptation aérodynamique, travail fin sur l’électronique, repositionnement des pilotes. Si la RS-GP manquait parfois de constance sur certains circuits, les progrès sont là. Le défi pour 2026 ? Maintenir cette courbe ascendante sans perturber l’équilibre d’une équipe jeune mais ambitieuse.