Saison noire pour Bagnaia : la Ducati GP25 au cœur du problème

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par Lucas Moretti

Alors que la saison MotoGP 2025 touche à sa fin, Francesco Bagnaia traverse une période inquiétante au guidon de la Ducati GP25. Loin de ses standards habituels, le double champion du monde connaît une campagne difficile, marquée par des chutes, un manque de feeling et une adaptation compliquée à une machine pourtant redoutable entre les mains de son coéquipier Marc Márquez.

Un contraste saisissant au sein du team Ducati officiel

En 2025, Ducati continue d’afficher une domination technologique impressionnante, confortant sa position de référence en MotoGP. Aérodynamique ultra-travaillée, agilité améliorée et moteur toujours aussi puissant : la Desmosedici GP25 est, sur le papier, la moto à battre. Pourtant, cette saison, le contraste est frappant.

Marc Márquez, intégré à la structure officielle Ducati après une transition impressionnante depuis Gresini en 2024, s’est rapidement imposé comme le leader de la saison. Vainqueur de plusieurs Grands Prix, il imprime un rythme quasi inégalé. De l’autre côté du box, Francesco Bagnaia peine à suivre le rythme, avec une troisième place provisoire au championnat, loin des attentes pour un pilote tenant deux couronnes mondiales (2022 et 2023).

Le GP du Japon reste pour l’instant le seul véritable éclair de la saison de « Pecco », avec une victoire obtenue au prix d’un pilotage chirurgical. Mais ce succès isolé ne masque pas les quatre abandons consécutifs, dont trois sur chute, survenus dans les courses suivantes. Un enchaînement fatal dans sa lutte pour le titre… et même pour un podium final face aux rivaux pressants comme Marco Bezzecchi et le spectaculaire rookie Pedro Acosta.

Des problèmes techniques… ou mentaux ?

Dans une déclaration relayée par Motorsport.com, Bagnaia explique sans détour sa difficulté à trouver une constance sur la GP25 : “Cette année, dès que je prends la piste, ce qui avait fonctionné à la course précédente ne fonctionne plus. Mes sensations ne sont jamais constantes.” Une confession lourde de sens pour un pilote de son calibre, et symptomatique d’un mal plus profond.

Il poursuit : “Je crois que la Ducati est la meilleure moto de tous les points de vue. Mais cette année, on a du mal à exploiter ce potentiel. Enfin, pas tout le monde : moi, j’ai beaucoup de mal.” Le ton est clair. Bagnaia reconnaît que la moto est excellente, mais que lui, personnellement, n’arrive pas à la faire parler. On touche peut-être ici à la dimension la plus délicate du MotoGP moderne : l’interface homme-machine, faite de sensations, de confiance et de mental.

Ce manque de confiance pourrait découler de la nature capricieuse des réglages GP25, moto extrêmement performante mais pointue. Si l’exploitation de son potentiel semble naturelle pour des pilotes comme Márquez, d’autres, comme Bagnaia ou même certain satellites tels que Fabio Di Giannantonio, ont connu des hauts et des bas dans l’adaptation.

Quels enseignements pour Ducati… et pour Pecco ?

L’écurie de Bologne devra tirer des conclusions importantes de cette saison 2025. Si la performance pure de la GP25 ne fait aucun doute, sa façon d’interagir avec différents styles de pilotage reste un sujet central. Car si Márquez brille, c’est aussi que le développement semble pencher vers son approche agressive du pilotage, quitte à marginaliser d’autres pilotes, plus doux ou linéaires comme Bagnaia.

À court terme, la priorité pour Pecco sera de sauver son podium au championnat. Mais à plus long terme, son avenir chez Ducati pourrait être remis en question si cette incompatibilité avec la moto perdure. Ducati, de son côté, devra peut-être revoir sa philosophie propre à la mise au point : construire une moto rapide, oui, mais exploitable pour tous ?

La saison se termine sur une note amère pour Bagnaia, mais reste riche en enseignements. Un rappel que dans une discipline aussi exigeante que le MotoGP, la technologie seule ne suffit pas – il faut l’osmose parfaite entre l’homme et la machine.

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