Crise chez Ducati : Bagnaia à la peine, Tardozzi désamorce les tensions

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par Lucas Moretti

Après un week-end désastreux en Australie, Francesco Bagnaia traverse une série noire sans précédent depuis son arrivée en MotoGP chez Ducati. Triple sans-faute… à l’envers : San Marino, Mandalika et désormais Phillip Island, le double champion du monde reste muet au compteur en trois courses. Alors que les signaux d’alarme se multiplient, Ducati a tenu à clarifier la situation. Entre incompréhension technique et soutien inébranlable, décryptage d’une crise qui pourrait rebattre les cartes en cette fin de saison 2025.

Un GP d’Australie cauchemardesque pour Bagnaia

Il y a quelques semaines encore, Pecco Bagnaia semblait lancé vers un troisième sacre consécutif. Auteur d’un week-end parfait au Japon avec 37 points glanés, le pilote italien affichait une forme olympique. Mais depuis, le déclin est brutal. À Misano, puis en Indonésie, et enfin en Australie, Bagnaia n’a pas inscrit le moindre point. Pis : à Phillip Island, il termine dernier de la sprint race avant de chuter durant la course principale.

Au micro de Sky Sports MotoGP, Bagnaia ne cache pas son désarroi : « Ce qui s’est passé dans les courses suivantes est presque impossible à décrire. Je pars avec la même moto que celle qui a gagné le week-end précédent, et je n’arrive pas à la faire avancer. » Ces déclarations traduisent une cassure entre le pilote et sa machine plutôt qu’avec son équipe… du moins en apparence.

Pas de fracture avec l’écurie selon Tardozzi

Face à l’agitation croissante, Davide Tardozzi est monté au créneau. Le team manager de Ducati, également interrogé par Sky Sports, a tenu à mettre les choses au clair : « Il n’y a pas de fracture. J’ai reparlé avec Pecco il y a dix minutes dans un échange constructif sur le travail à venir à Sepang. »

Il précise même que Gigi Dall’Igna (directeur général de Ducati Corse) et Riccardo Savin (responsable cycle) planchent déjà sur des ajustements à tester en Malaisie. Si la solution miracle reste à trouver, l’équipe maintient un haut niveau de confiance envers son pilote vedette. Tardozzi insiste : « Aider Pecco est la seule priorité de l’équipe actuellement. »

Un défi technique et psychologique à relever

Derrière cette crise de performance se cache un enjeu crucial : maîtriser les subtilités de la Desmosedici 2025. Bien que performante, la machine italienne semble capricieuse. L’écart de résultat entre le GP du Japon et les week-ends qui suivent bouscule les certitudes. Bagnaia évoque une sensation perdue, une moto qui ne répond plus.
Psychologiquement, le danger est réel. Il s’agit là non seulement de redresser la barre techniques, mais aussi de préserver la confiance du pilote. Or, en MotoGP, le mental reste aussi décisif que la mécanique. Et cet alignement mental-machine-pneu, Ducati devra le retrouver très vite.

Une fin de saison à enjeux multiples

Alors que les adversaires comme KTM et Aprilia reviennent en force, chaque point perdu par Ducati peut se transformer en opportunité pour les autres. La stabilité chez les Rouges, souvent vantée, est aujourd’hui mise à l’épreuve. Si Bagnaia reste sans podiums jusqu’à Sepang, la hiérarchie interne pourrait vaciller : Jorge Martin, Enea Bastianini ou même Marc Marquez (attendu dans le giron Ducati en 2026) pourraient se positionner davantage.

Mais attention : malgré cette spirale négative, le palmarès et l’expérience de Pecco font de lui un rouage clé. L’écurie le sait : l’abandonner maintenant reviendrait à jeter la saison. Le soutien officiel de Tardozzi et l’implication des ingénieurs laissent transparaître une volonté forte de rebond.

Conclusion : une crise passagère ou un tournant ?

La dynamique actuelle autour de Francesco Bagnaia soulève une question de fond : s’agit-il d’une crise passagère ou du début d’une reconfiguration des forces chez Ducati ? Tout repose désormais sur la capacité de l’écurie à réagir vite et bien à Sepang. Si l’Italien retrouve son pilotage incisif et sa moto redevenue docile, alors ce triptyque noir ne sera qu’un contre-temps. Dans le cas contraire, 2025 pourrait être l’année où Ducati devra faire des choix plus tranchés…

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