MotoGP – Quartararo met la pression sur Yamaha avant Misano : « Moins de 15 secondes, sinon rien ! »

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par Lucas Moretti

Après un Grand Prix de Catalogne plutôt convaincant, Fabio Quartararo affiche une ambition renouvelée à l’approche du Grand Prix de Saint-Marin 2025. Alors que Yamaha peine encore à retrouver ses standards de performance, le pilote tricolore — champion du monde 2021 — exige un vrai déclic technique. À Misano, circuit exigeant où Yamaha a déjà connu de belles heures, Quartararo trace une ligne claire : « terminer à moins de 15 secondes du vainqueur », faute de quoi la messe serait dite pour cette saison… et peut-être pour son avenir chez les Bleus.

Une éclaircie catalane qui nourrit l’espoir

Arrivé avec le moral en berne à Barcelone, Quartararo s’en est sorti avec une très solide deuxième place en sprint, suivie d’une cinquième place en course principale. Un résultat honorable, surtout dans un contexte où la M1 reste clairement en manque de vitesse de pointe face aux Ducati, KTM et même Aprilia. En Catalogne, là où la dégradation des pneus et la gestion du grip jouent un rôle majeur, Yamaha a su tenir son rang. De quoi nourrir un regain d’optimisme chez Fabio qui déclarait en conférence de presse : « En termes de rythme, on va être mieux qu’à Barcelone. »

Mais attention à ne pas verser dans l’euphorie. Quartararo reste lucide sur les faiblesses chroniques de la M1, notamment en time attack ou sur les longues lignes droites, comme à Misano. L’objectif est clair, mesuré mais ferme : franchir la ligne d’arrivée à moins de 15 secondes du vainqueur. « Après, tout dépend des conditions », nuance-t-il. Car chez Yamaha cette saison, la moindre variation de grip ou de réglages électroniques peut faire basculer un week-end du bon au mauvais côté.

Yamaha sous pression : progrès électroniques attendus

Ce sont les progrès en matière d’électronique qui concentreront les attentes du staff Yamaha à Misano. Quartararo l’a souligné lui-même : « Il faut qu’on travaille beaucoup sur l’électronique car on avait eu du mal ». Le pilote français rappelle ici une des lacunes fondamentales de la M1 2025 : une électronique toujours trop imprévisible sous certaines conditions, là où les autres constructeurs — Ducati en tête — maîtrisent à la perfection l’usage des dispositifs d’anti-patinage et la distribution fine de la puissance à la roue arrière.

À Misano, où le grip est généralement bon mais les relances délicates en sortie de virage, cette faiblesse pourrait coûter cher à Yamaha. Les tests préliminaires réalisés cet été sur ce circuit avaient pourtant laissé entrevoir du positif selon Fabio : « Les tests qu’on a faits ici étaient positifs […] en termes de grip et de dégradation de pneus, je pense qu’on n’est pas mal. »

L’autre enjeu ? Le time attack. Encore une faiblesse de la Yamaha, qui peine à sortir un chrono sec en qualifications, ce qui complique ensuite la gestion des courses, imposant des remontées difficiles en paquet. Avec un dispositif de holeshot révisé mais encore loin des standards de KTM et Ducati, Yamaha joue sa survie au corps à corps chaque dimanche. Autant dire que Quartararo, actuellement 8e au classement général, ne veut plus se contenter des miettes.

Un avenir en suspens pour Quartararo ?

Au-delà du simple enjeu sportif de ce Grand Prix de Saint-Marin, ce week-end à Misano pourrait être décisif dans les discussions en coulisses. Le contrat de Quartararo court jusqu’à fin 2026, mais les rumeurs d’un départ prématuré en cas de stagnation des performances se multiplient. Aprilia, qui pourrait perdre Viñales, et KTM, toujours à l’affût d’un top pilote, garderaient un œil sur le Français.

Quoi qu’il en soit, ce week-end à Misano promet d’être une nouvelle pierre angulaire dans la reconstruction difficile de Yamaha. Quartararo, plus déterminé que jamais, envoie un message limpide à ses ingénieurs : à eux de livrer une machine enfin capable de se battre, et non plus de survivre.

Rendez-vous ce vendredi pour les premières séances d’essais libres à Misano. La pression monte… et Fabio aussi.

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