MotoGP Aragon : Bagnaia plonge dans la tourmente après une sprint catastrophique

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par Lucas Moretti

Francesco « Pecco » Bagnaia vit un enfer inattendu en MotoGP. À Aragon, le double champion du monde a livré une prestation aux antipodes de son statut, échouant à marquer le moindre point lors de la sprint race, malgré une prometteuse quatrième place sur la grille.

Un départ prometteur… une déroute à l’arrivée

Le week-end avait pourtant démarré sur des bases rassurantes pour l’officiel Ducati. Classé quatrième sur la grille à l’issue des qualifications, Pecco Bagnaia semblait en position idéale pour contrecarrer les plans de ses adversaires lors de la course sprint du samedi. Mais le verdict de la piste fut sans appel : une 12e place difficilement explicable pour un pilote du calibre de Bagnaia, auteur de 2 titres consécutifs en 2022 et 2023.

Visiblement dépassé, l’Italien n’a jamais trouvé le rythme. À l’issue de la course, les premières analyses faisaient état d’un problème récurrent de feeling sur l’avant et d’un fort sous-virage. Des symptômes que Bagnaia lui-même a confirmés en zone mixte : « Je savais que ça allait être difficile aujourd’hui après les EL2. J’ai eu beaucoup de blocages à l’avant, la moto sous-virait et je n’arrivais pas à forcer », a-t-il déclaré face aux journalistes (source : Auto-Moto.com).

Une dynamique inquiétante chez Ducati ?

Ce n’est pas la première fois cette saison que Bagnaia semble démuni face à sa Desmosedici. Si la moto de Bologne reste l’une des plus performantes du plateau – comme en témoignent les résultats remarquables de Jorge Martin ou Marco Bezzecchi –, Pecco semble incapable d’en tirer son plein potentiel sur certaines pistes. Le plus préoccupant ? Lui-même et son équipe n’ont toujours pas identifié la source du problème.

« Je ne sais pas ce qui ne va pas. Les motos sont similaires à l’an dernier, mais la dynamique a changé. C’est bizarre. Je galère beaucoup au freinage », a-t-il reconnu en toute franchise. Une panne de performance d’autant plus frustrante qu’elle apparaît sans réelles ruptures techniques : la version GP24 de la Ducati reste proche de la précédente, et aucune révolution électronique ou aérodynamique majeure n’a été officialisée récemment par le constructeur italien.

Cet aveu de faiblesse technique laisse augurer une crise plus structurelle, peut-être liée à l’ajustement du pilote à une moto qui, à force d’évolutions, s’éloigne de son feeling initial. Et quand on sait à quel point le style de pilotage de Bagnaia repose sur sa confiance à la mise sur l’angle et au freinage sur l’angle, chaque perte de sensation se transforme immédiatement en cauchemar stratégique en piste.

Un tournant dans le championnat ?

Avec cette course sprint blanche à Aragon, Bagnaia laisse échapper de précieux points au championnat dans une saison particulièrement serrée. Jorge Martin, toujours à l’affût, pourrait très vite en profiter pour repasser en tête, accentuant la pression sur le pilote officiel et son environnement chez Ducati. Et au-delà du classement, c’est le mental du Piémontais qui semble en question : « C’est le plus difficile défi de ma carrière. Parce que je sais ce que je peux faire, et je n’y arrive pas », a-t-il confessé.

Mais Bagnaia reste lucide et solidaire de son équipe : « On est tous dans le même bateau et on travaille ensemble », poursuit-il. À voir si ce véritable vote de confiance mutuel suffira à inverser la tendance dans les prochaines courses.

En attendant, le paddock observe. Car lorsqu’un double champion du monde doute, c’est tout l’équilibre du MotoGP qui vacille.

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