Mohammed Ben Sulayem : entre critiques et vision d’avenir pour la FIA

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par Maxime Leclerc

Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, navigue dans des eaux agitées en cette année 2025. Tandis que son style de gestion fait débat dans le paddock, il affirme rester fidèle à ses convictions et prépare déjà un second mandat. Retour sur ses positions, ses réponses aux critiques et les implications pour le sport automobile, MotoGP compris.

Un leadership contesté, mais assumé

Depuis sa prise de fonction à la tête de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), Mohammed Ben Sulayem n’a jamais hésité à imposer sa vision. Un style direct, jugé autoritaire par certains, qui n’a pas échappé aux observateurs ni aux pilotes de la Formule 1. Sa gestion de la communication, notamment via ses décisions sur les sanctions liées au langage ou à l’attitude publique des pilotes, est au cœur des tensions. Pourtant, le patron de la FIA reste droit dans ses bottes : il revendique une relation ouverte avec les athlètes. « Ils ont tous mon numéro, ils peuvent m’appeler », a-t-il rappelé dans une interview accordée à Formule 1 Magazine (2025).

Ben Sulayem défend une approche éducative, citant Muhammad Ali et Lewis Hamilton en modèles de maîtrise de soi. Il justifie son encadrement du langage sur les canaux officiels comme une responsabilité morale des pilotes, ambassadeurs du sport. Malgré les critiques, certaines règles controversées ont été allégées. Une preuve d’adaptation ? Peut-être. Mais aussi d’un équilibre complexe entre l’autorité de l’institution et la liberté d’expression des compétiteurs.

Max Verstappen et la nouvelle génération : une relation d’écoute ?

Si la friction est palpable avec certains, Mohammed Ben Sulayem se veut apaisant quand on évoque Max Verstappen. Le triple champion du monde de F1, reconnu pour son franc-parler, entretient, selon le président, une communication respectueuse avec la FIA. Il loue « l’intelligence et la faim de victoire » du Néerlandais, et plus largement la dynamique d’une jeune génération talentueuse.

Des pilotes comme Oscar Piastri, Charles Leclerc ou Lando Norris illustrent cette relève, qui a su imposer sa compétitivité avant l’âge de 20 ans. Pour Ben Sulayem, c’est le signe que les filières de détection et de formation fonctionnent, et que le sport automobile reste attractif pour les jeunes. Un point crucial à souligner à l’heure où la MotoGP développe aussi des académies (Red Bull Rookies Cup, JuniorGP) pour insuffler du sang neuf, notamment face à l’hégémonie des trentenaires expérimentés.

Ben Sulayem, un modèle pour MotoGP ?

Si la FIA gère la F1 et non la MotoGP — cette dernière étant pilotée par la FIM (Fédération Internationale de Motocyclisme) —, les orientations de Ben Sulayem peuvent tout de même inspirer la sphère moto. Dans un monde ultra-connecté où les pilotes sont aussi des influenceurs, la question de la discipline publique et du professionnalisme médiatique est de plus en plus évoquée y compris en MotoGP.

En 2024, la Dorna avait d’ailleurs lancé un rappel à l’ordre sur le comportement à adopter lors des interviews ou conférences presse, notamment après les propos abrasifs de certains pilotes. La convergence des problématiques entre FIA et FIM éclaire les défis communs : comment encadrer sans museler ? Comment responsabiliser sans brider l’authenticité ?

Vers un second mandat et de nouvelles réformes ?

En confirmant son intention de briguer un nouveau mandat à la tête de la FIA, Mohammed Ben Sulayem envoie un message clair : il reste déterminé à transformer l’institution. Mais sa réélection dépendra de son habileté à réconcilier autorité et écoute. En toile de fond, c’est l’enjeu même de la gouvernance du sport automobile mondial qui se joue. Y compris son avenir face aux défis climatiques, à la digitalisation croissante et à la quête de diversité dans les paddocks.

Pour le public passionné qui suit aussi bien le MotoGP que la F1, comprendre ces évolutions institutionnelles, c’est anticiper les directions que prendra le sport mécanique de demain.

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