Le rendez-vous d’Alcañiz a viré au cauchemar pour Johann Zarco, incapable de jouer aux avant-postes lors du sprint du Grand Prix d’Aragon. 16e sous le drapeau à damier, le Français a été pénalisé par un comportement imprévisible de sa Ducati. Analyse d’un samedi noir et des espoirs timidement reportés sur la course dominicale.
Une course sprint ratée dès les premiers tours
Dès l’extinction des feux, Johann Zarco a vu ses espoirs de top 10 s’effondrer. Qualifié en 12e position, le pilote Ducati-Pramac avait misé sur une stratégie d’usure de pneus et un rythme progressif pour remonter dans la hiérarchie. Mais dans le chaos du premier virage, la prudence l’a desservi : « Je n’ai pas osé attaquer, car je ne savais pas comment la moto allait réagir », a-t-il confié à Canal+.
Résultat : rétrogradé dès le deuxième tour, Zarco s’est retrouvé englué en queue de peloton. Incapable de suivre le rythme de ses adversaires, il termine 16e, à des années-lumière de l’objectif initial. Le Français avoue une performance « inexistante », tirant un trait sur le sprint et se tournant déjà vers la course du lendemain pour rebondir.
Des vibrations inquiétantes sur sa Ducati
Au-delà du simple résultat brut, c’est surtout le comportement de sa moto qui a inquiété le tricolore. « J’ai retrouvé les sensations d’il y a un an », déplore-t-il. Dérouté par des vibrations persistantes avec le pneu tendre arrière – pourtant performant sur d’autres machines –, Zarco accuse le coup. « Je voulais emmener la moto en virage, mais elle ne répondait pas », explique-t-il, mettant en lumière un problème potentiel de setup ou d’interaction pneu-châssis.
Ce retour d’un phénomène que l’équipe pensait éradiqué relance des interrogations techniques. Ducati Pramac devra creuser pour comprendre pourquoi la GP23 de Zarco a affiché un tel manque de constance dans la stabilité et le grip. Surtout que, dans le même temps, Jorge Martin – son coéquipier – reste régulier dans le top 5… Une comparaison qui met encore plus en lumière la solitude stratégique du pilote français.
Le pneu medium, dernier espoir pour dimanche ?
Si le sprint fut une déroute, Zarco n’a cependant pas rangé les gants. Le pilote mise désormais sur la course longue du dimanche pour sauver son week-end aragonais. Un facteur pourrait changer la donne : le retour du pneu medium arrière. Ce choix, plus stable sur la durée, pourrait offrir « un comportement de moto plus régulier », espère-t-il.
Tout se jouera donc lors du warm-up dominical. Trouver les bons réglages, valider les sensations avec le medium, et se remettre mentalement en confiance seront les tâches prioritaires. Comme l’a démontré Marc Márquez en 2023 sur cette même piste, un revirement de situation en course longue n’est jamais exclu pour les pilotes expérimentés.
Mais au-delà de la seule course d’Aragon, cette contre-performance interpelle. Johann Zarco, qui vivra ses dernières courses avec Ducati avant de rejoindre LCR Honda en 2024, traverse une fin de saison irrégulière. Or, il lui reste peu de rounds pour marquer les esprits et quitter Borgo Panigale avec panache.
Un week-end crucial dans une saison charnière
Zarco joue plus gros qu’une simple place au classement général. Sa capacité à rebondir après un samedi noir pourrait conditionner l’élan avec lequel il rejoindra son futur projet chez Honda. Pour Ducati aussi, éviter que deux de ses machines ne sombrent au fond du classement est un enjeu d’image essentiel dans la lutte technique qui l’oppose à KTM et Aprilia.
Réponse sur le tracé d’Aragon dimanche. Mais le constat est clair : Johann Zarco n’a plus le droit à l’erreur s’il veut encore peser sur cette fin de saison MotoGP 2023.