Le Grand Prix de France MotoGP 2024 s’annonce comme un moment clé pour l’équipe Red Bull KTM Tech3. Sur les terres sarthoises du Mans, la structure française affiche une confiance renouvelée, portée par des performances prometteuses dès les essais du vendredi et la connaissance des lieux.
Une équipe française qui rêve grand au Mans
Le Mans, temple tricolore du sport moto, n’est pas seulement le théâtre des exploits des pilotes : c’est aussi le terrain de jeu de l’équipe Red Bull KTM Tech3, la seule structure française engagée en catégorie reine. À l’approche du week-end, son directeur Nicolas Goyon n’a pas caché ses ambitions : « On sait que notre moto est performante ici », affirmait-il, en rappelant les excellentes prestations de Pedro Acosta l’an dernier avant sa chute alors qu’il jouait les premiers rôles.
La KTM RC16 alignée par Tech3 semble particulièrement bien adaptée aux spécificités du tracé Bugatti. Long de 4,2 km et ponctué de freinages appuyés mais aussi de parties fluides, le circuit du Mans exige une moto équilibrée, réactive en entrée de virage et capable d’absorber les variations de grip. Un terrain que les partenaires du constructeur autrichien connaissent bien, et où ils entendent briller devant leur public.
Ajoutons que les pilotes de l’équipe possèdent une solide expérience sur cette piste. Maverick Viñales, vainqueur à plusieurs reprises au Mans en 125cm³, Moto3 et MotoGP, y a même terminé sur le podium du Sprint l’an passé. Enea Bastianini, de son côté, s’était imposé en 2022 grâce à une remontée tonitruante.
Des essais du vendredi pleins de promesses
L’optimisme affiché par Tech3 s’est rapidement matérialisé sur la piste. Lors des deux premières séances d’essais libres, l’équipe a su placer ses deux pilotes dans de bonnes positions. Viñales s’est illustré avec un excellent chrono de 1’30 »490, à seulement 635 millièmes du meilleur temps signé par Marc Márquez (1’29 »855). Cette performance le place à une encourageante 8e position, malgré une légère chute dans la journée.
Quant à Bastianini, il a connu un début plus difficile en FP1 avec un modeste 18e temps. Mais le pilote italien a su corriger le tir en FP2 avec un 1’30 »801, suffisamment rapide pour se hisser au 13e rang. Plus significatif encore : il ne lui manquait que quelques dixièmes pour un accès direct à la Q2, privilège réservé aux dix meilleurs chronos cumulés du vendredi. Autrement dit : la marge de progression est bien réelle.
À l’approche des qualifications et de la course Sprint, ces performances placent Tech3 dans une dynamique positive. Bien que les chronos du vendredi ne garantissent pas les résultats finaux, ils témoignent d’un réel potentiel, notamment en termes d’équilibre de la machine et de vitesse sur un tour.
Quels enjeux pour Tech3 au Grand Prix de France ?
Le principal enjeu pour Tech3 est avant tout symbolique : briller à domicile. Mais au-delà de l’aspect émotionnel, l’équipe joue gros sur le plan stratégique. Après un début de saison en demi-teinte, notamment pour Bastianini souvent performant en course mais en difficulté en qualifications, réussir un week-end plein au Mans permettrait de relancer sa dynamique et séduire de potentiels partenaires ou sponsors locaux.
La performance des KTM dans un contexte aussi exigeant que le GP de France servira également de test grandeur nature du développement technique mené depuis l’intersaison. L’adaptabilité de la RC16 face aux rivales Ducati, Aprilia ou Yamaha, pourrait ici prendre une nouvelle dimension. En particulier face à une concurrence surmotivées : Marc Márquez, Francesco Bagnaia ou encore Jorge Martín se livrent une bataille intense pour le haut du classement.
Pour Tech3, l’objectif est donc simple mais ambitieux : placer ses deux motos directement en Q2, viser un Top 10 en Sprint, et pourquoi pas, une place d’honneur le dimanche. Avec la ferveur du public français comme soutien, tous les ingrédients sont réunis pour une prestation reference du team.