Le circuit de Losail n’a pas souri à Enea Bastianini ce week-end. Le pilote italien, fraîchement passé chez KTM, a de nouveau été confronté à des difficultés techniques qui ont ralenti sa progression lors du Grand Prix du Qatar 2024. Malgré quelques signes d’amélioration, notamment en course, ce round a mis en lumière un ensemble de défis que le pilote doit encore relever.
Un week-end compliqué dès les essais libres
Dès l’entame du week-end, Bastianini a fait face à un problème récurrent : des vibrations persistantes à l’avant de sa KTM RC16. Ce souci, non résolu lors des séances d’essais libres et de qualifications, a lourdement impacté sa performance. « Losail m’a replongé dans les difficultés avec la KTM« , a-t-il confié après la course, cité par les médias du paddock.
Ce manque de confiance à l’avant a non seulement compliqué les entrées en courbes, mais a aussi affecté ses chronos qualificatifs. Contraint de s’élancer loin sur la grille, l’Italien n’a jamais eu l’occasion de se mêler à la lutte pour les points dans de bonnes conditions. Et si la course sprint n’a pas permis de grandes remontées, la course principale a laissé entrevoir un potentiel à valoriser.
Un rythme encourageant… mais insuffisant
Lors de la course longue du dimanche, Bastianini a montré un meilleur visage. Profitant d’un rythme solide, il a su remonter dans le peloton jusqu’à atteindre une encourageante 11e place. Malheureusement, une pénalité est venue ternir cet effort, le faisant rétrograder finalement en 14e position.
Malgré tout, le pilote a tiré du positif de cette performance : « On s’améliore », a-t-il déclaré. Il a particulièrement souligné les progrès réalisés au niveau du train avant, mais a également pointé du doigt une nouvelle source de tracas : « Je patinais beaucoup sur le côté gauche de l’arrière », analyse-t-il, mettant en évidence des problèmes d’adhérence qui ont nui à sa capacité à dépasser.
Des différences de matériel avec Viñales et des ajustements à trouver
Comparé à son coéquipier Maverick Viñales, qui affiche une adaptation plus rapide à la RC16 version 2024, Bastianini se retrouve dans une situation plus complexe. Il l’a lui-même révélé : « Maverick utilise une moto différente de la mienne ». Cette distinction, probablement liée aux choix de châssis ou aux configurations spécifiques de suspension, pourrait justifier les écarts de performance constatés entre les deux hommes.
Si cette différence technique ouvre la porte à des ajustements sur-mesure, elle montre aussi que le potentiel de la KTM n’est pas totalement exploité. « Un bon choix en qualifications m’aidera à l’avenir », ajoute Bastianini, bien conscient que tout commence par une position sur la grille plus favorable. Avec les bons réglages, notamment sur la gestion du grip à l’arrière, l’Italien espère retrouver un rythme compétitif, dès le prochain Grand Prix à Jerez.
Des perspectives à surveiller
L’analyse de ce Grand Prix du Qatar confirme qu’Enea Bastianini fait encore face à une phase d’apprentissage avec sa nouvelle machine. Mais les signaux de progrès, notamment sur la régularité en course, sont là. La vraie question désormais reste de savoir si l’Italien pourra s’adapter entièrement à cette KTM exigeante et en libérer tout le potentiel.
Le prochain rendez-vous à Jerez, avec un circuit plus technique et accrocheur, pourrait justement faire ressortir les qualités de pilotage de Bastianini, à condition que l’équipe autour de lui trouve la clé d’un meilleur équilibre. Face à un Viñales en pleine ascension, la réponse ne pourra être que technique… et mentale.